Séances de travail de la NSER
2026
XLVIe séance de travail (samedi 21 mars 2026)
• Maria-Sofia Mormile, docteure en histoire : « La Restauration de l’unité dynastique (1814-1830) »
La Restauration ne se limite pas au retour de la monarchie en France ; elle marque aussi les retrouvailles des différentes branches de la Maison de France, après des séparations parfois longues au cours de l’exil. Ce moment va bien au-delà d’un simple rétablissement institutionnel : il ouvre une phase de recomposition dynastique, affective et politique. À travers une étude transversale des relations familiales entre le comte d’Artois, futur Charles X, le duc d’Orléans, futur Louis-Philippe, et le duc de Bourbon, dernier prince de Condé, cette intervention vise à dépasser les interprétations biaisées proposées par légitimistes et orléanistes et elle entend analyser concrètement les solidarités et les rivalités propres à ces liens. La mémoire de l’exil, les expériences différenciées de la Révolution, ainsi que les ambitions spécifiques de chaque branche, influencent profondément ces équilibres fragiles et déterminent la manière dont la Maison de Bourbon tente de se recomposer dans une France transformée.
Maria-Sofia Mormile est docteure en histoire, spécialiste des relations entre les Bourbons de France à l’époque révolutionnaire. Membre rattachée au Centre de recherches historiques (CRH) de l’École des hautes études en sciences sociales à Paris, elle est l’autrice de Les Bourbons dans la Révolution. Biographie d’une famille en quête d’unité (1789-1830) (Armand Colin, 2025).
• Maria-Sofia Mormile, docteure en histoire : « La Restauration de l’unité dynastique (1814-1830) »
La Restauration ne se limite pas au retour de la monarchie en France ; elle marque aussi les retrouvailles des différentes branches de la Maison de France, après des séparations parfois longues au cours de l’exil. Ce moment va bien au-delà d’un simple rétablissement institutionnel : il ouvre une phase de recomposition dynastique, affective et politique. À travers une étude transversale des relations familiales entre le comte d’Artois, futur Charles X, le duc d’Orléans, futur Louis-Philippe, et le duc de Bourbon, dernier prince de Condé, cette intervention vise à dépasser les interprétations biaisées proposées par légitimistes et orléanistes et elle entend analyser concrètement les solidarités et les rivalités propres à ces liens. La mémoire de l’exil, les expériences différenciées de la Révolution, ainsi que les ambitions spécifiques de chaque branche, influencent profondément ces équilibres fragiles et déterminent la manière dont la Maison de Bourbon tente de se recomposer dans une France transformée.
Maria-Sofia Mormile est docteure en histoire, spécialiste des relations entre les Bourbons de France à l’époque révolutionnaire. Membre rattachée au Centre de recherches historiques (CRH) de l’École des hautes études en sciences sociales à Paris, elle est l’autrice de Les Bourbons dans la Révolution. Biographie d’une famille en quête d’unité (1789-1830) (Armand Colin, 2025).
• Mario Migliaccio, doctorant auprès de la Scuola Superiore Meridionale de Naples, doctorant invité auprès du Centre d’histoire du XIXe siècle de Sorbonne Université : « La “France nouvelle” et sa place en Europe selon François Guizot »
Homme politique de premier plan sous la monarchie de Juillet, François Guizot (1787-1874) s’est distingué en tant que théoricien politique et publiciste pendant la Restauration. Personnalité influente du groupe « Doctrinaire » après la dissolution de la « Chambre introuvable », Guizot a été aussi un opposant prééminent du gouvernement conservateur après l’assassinat du duc de Berry en février 1820.
Le but de cette communication est de revenir sur l’opération de reconceptualisation de la « France nouvelle » menée par un homme politique et historien tel que Guizot après la fin de l’Empire, afin d’analyser ce qu’il considérait être le caractère distinctif, au sens politique et social, de la France postrévolutionnaire. Ces considérations, exprimées par Guizot dans des brochures ainsi que dans des articles de revue, permettent aussi de réfléchir à la question de la paix et de la place de la France en Europe après Waterloo.
Mario Migliaccio prépare une thèse sur François Guizot, sous la direction du Professeur Teodoro Tagliaferri (Université de Naples Federico II) et du Professeur Darío Roldán (Universidad Torcuato di Tella, Buenos Aires). Il a publié en 2022 un article intitulé « Idéologies, identités, patrimoines. Approches au passé dans la France romantique et postrévolutionnaire (1820-1848) » dans la revue Transversale. Histoire : architecture, paysage urbain.
• Mario Migliaccio, doctorant auprès de la Scuola Superiore Meridionale de Naples, doctorant invité auprès du Centre d’histoire du XIXe siècle de Sorbonne Université : « La “France nouvelle” et sa place en Europe selon François Guizot »
Homme politique de premier plan sous la monarchie de Juillet, François Guizot (1787-1874) s’est distingué en tant que théoricien politique et publiciste pendant la Restauration. Personnalité influente du groupe « Doctrinaire » après la dissolution de la « Chambre introuvable », Guizot a été aussi un opposant prééminent du gouvernement conservateur après l’assassinat du duc de Berry en février 1820.
Le but de cette communication est de revenir sur l’opération de reconceptualisation de la « France nouvelle » menée par un homme politique et historien tel que Guizot après la fin de l’Empire, afin d’analyser ce qu’il considérait être le caractère distinctif, au sens politique et social, de la France postrévolutionnaire. Ces considérations, exprimées par Guizot dans des brochures ainsi que dans des articles de revue, permettent aussi de réfléchir à la question de la paix et de la place de la France en Europe après Waterloo.
Mario Migliaccio prépare une thèse sur François Guizot, sous la direction du Professeur Teodoro Tagliaferri (Université de Naples Federico II) et du Professeur Darío Roldán (Universidad Torcuato di Tella, Buenos Aires). Il a publié en 2022 un article intitulé « Idéologies, identités, patrimoines. Approches au passé dans la France romantique et postrévolutionnaire (1820-1848) » dans la revue Transversale. Histoire : architecture, paysage urbain.
• Valérie Guittienne-Murger, Conservatrice de la Bibliothèque de Port-Royal, docteure en histoire et membre du MéMo (Paris Nanterre) : « La question du mariage sous la Restauration : un autre champ d’affrontement »
La loi sur l’état civil du 20 septembre 1792, qui a entériné la séparation de l’acte civil du sacrement religieux, n’était pas une innovation révolutionnaire, mais l’aboutissement de la réflexion doctrinale de l’Ancien Régime sur la nature juridique du mariage, à la croisée du régalisme, de la philosophie et de l’élaboration du droit français moderne. Reprise dans le Code civil, elle fut pourtant violemment rejetée comme œuvre révolutionnaire et, de ce fait, remise en cause par les partisans d’un retour à l’Ancien Régime sous la Restauration. Les tentatives de rendre l’état civil au clergé et de refondre contrat et sacrement de mariage dans la célébration religieuse ont provoqué de vives polémiques entre ultras et libéraux. Dans ces débats, s’inscrivant dans la ligne de leurs prédécesseurs et s’appuyant sur la tradition juridique gallicane, quelques jansénistes ont apporté leur pierre à l’édifice.
Conservatrice de la Bibliothèque de Port-Royal depuis 1997, historienne du jansénisme tardif, Valérie Guittienne-Murger a dirigé avec le Professeur Monique Cottret et Nicolas Lyon-Caen la publication des mémoires de Robert de Saint-Vincent : Un magistrat janséniste du siècle des Lumières à l’Émigration, Pierre-Augustin Robert de Saint-Vincent (2012) ; avec Monique Cottret : Les Nouvelles ecclésiastiques. Une aventure de presse clandestine au siècle des Lumières (1713-1803) (2016). Elle a publié en 2022 sa thèse : Jansénisme et libéralisme : Regards de Jean-Louis Rondeau sur l’Empire et la Restauration.
• Valérie Guittienne-Murger, Conservatrice de la Bibliothèque de Port-Royal, docteure en histoire et membre du MéMo (Paris Nanterre) : « La question du mariage sous la Restauration : un autre champ d’affrontement »
La loi sur l’état civil du 20 septembre 1792, qui a entériné la séparation de l’acte civil du sacrement religieux, n’était pas une innovation révolutionnaire, mais l’aboutissement de la réflexion doctrinale de l’Ancien Régime sur la nature juridique du mariage, à la croisée du régalisme, de la philosophie et de l’élaboration du droit français moderne. Reprise dans le Code civil, elle fut pourtant violemment rejetée comme œuvre révolutionnaire et, de ce fait, remise en cause par les partisans d’un retour à l’Ancien Régime sous la Restauration. Les tentatives de rendre l’état civil au clergé et de refondre contrat et sacrement de mariage dans la célébration religieuse ont provoqué de vives polémiques entre ultras et libéraux. Dans ces débats, s’inscrivant dans la ligne de leurs prédécesseurs et s’appuyant sur la tradition juridique gallicane, quelques jansénistes ont apporté leur pierre à l’édifice.
Conservatrice de la Bibliothèque de Port-Royal depuis 1997, historienne du jansénisme tardif, Valérie Guittienne-Murger a dirigé avec le Professeur Monique Cottret et Nicolas Lyon-Caen la publication des mémoires de Robert de Saint-Vincent : Un magistrat janséniste du siècle des Lumières à l’Émigration, Pierre-Augustin Robert de Saint-Vincent (2012) ; avec Monique Cottret : Les Nouvelles ecclésiastiques. Une aventure de presse clandestine au siècle des Lumières (1713-1803) (2016). Elle a publié en 2022 sa thèse : Jansénisme et libéralisme : Regards de Jean-Louis Rondeau sur l’Empire et la Restauration.
• Jean-Michel Leniaud, historien de l’art et de l’architecture : « La Restauration et le culte du passé. Le paradoxe d’un régime sans politique patrimoniale »
En faisant honneur à la monarchie de Juillet d’avoir inventé l’administration des Monuments historiques, on reproche plus ou moins explicitement à la Restauration de ne pas l’avoir fait et de ne pas avoir empêché les démolitions post-révolutionnaires de biens nationaux. De fait, la Restauration n’a nullement fait montre de ce volontarisme qui caractérise Juillet : elle n’a pas eu de politique patrimoniale. Mais doit-on accepter comme marque de l’action politique le critère du volontarisme ? La création d’une administration spécifique, la rédaction de textes techniques, le vote de lois de finances forment-ils le cœur d’une politique patrimoniale ? La Restauration, à la différence de Juillet, n’a pas voulu « accommoder » le passé comme on le fait des restes en cuisine : elle a cherché à renouer la chaîne des temps que la Révolution et l’Empire avaient interrompue. S’approprier le passé en le modernisant : une démarche qu’on pourrait qualifier d’organique.
Jean-Michel Leniaud, historien de l’art, spécialiste de l’architecture et de l’art des XIXe et XXe siècles, est directeur d’études émérite à l’École pratique des hautes études. Il a été directeur de l’École nationale des chartes de 2011 à 2016. Il a présidé le conseil scientifique de l’Institut national du patrimoine (2011-2022) et le conseil scientifique de la Fondation pour la sauvegarde de l’art français (2019). Ses recherches sont essentiellement consacrées à l’architecture des XIXe et XXe siècles, aux institutions et à l’histoire religieuse en rapport avec les arts, ainsi qu’à l’histoire et à la politique du patrimoine.
• Jean-Michel Leniaud, historien de l’art et de l’architecture : « La Restauration et le culte du passé. Le paradoxe d’un régime sans politique patrimoniale »
En faisant honneur à la monarchie de Juillet d’avoir inventé l’administration des Monuments historiques, on reproche plus ou moins explicitement à la Restauration de ne pas l’avoir fait et de ne pas avoir empêché les démolitions post-révolutionnaires de biens nationaux. De fait, la Restauration n’a nullement fait montre de ce volontarisme qui caractérise Juillet : elle n’a pas eu de politique patrimoniale. Mais doit-on accepter comme marque de l’action politique le critère du volontarisme ? La création d’une administration spécifique, la rédaction de textes techniques, le vote de lois de finances forment-ils le cœur d’une politique patrimoniale ? La Restauration, à la différence de Juillet, n’a pas voulu « accommoder » le passé comme on le fait des restes en cuisine : elle a cherché à renouer la chaîne des temps que la Révolution et l’Empire avaient interrompue. S’approprier le passé en le modernisant : une démarche qu’on pourrait qualifier d’organique.
Jean-Michel Leniaud, historien de l’art, spécialiste de l’architecture et de l’art des XIXe et XXe siècles, est directeur d’études émérite à l’École pratique des hautes études. Il a été directeur de l’École nationale des chartes de 2011 à 2016. Il a présidé le conseil scientifique de l’Institut national du patrimoine (2011-2022) et le conseil scientifique de la Fondation pour la sauvegarde de l’art français (2019). Ses recherches sont essentiellement consacrées à l’architecture des XIXe et XXe siècles, aux institutions et à l’histoire religieuse en rapport avec les arts, ainsi qu’à l’histoire et à la politique du patrimoine.
2025
XLVe séance de travail (samedi 22 novembre 2025)
• Jean-Pierre Chaline, professeur émérite à l’Université Paris-Sorbonne : « Boieldieu, Géricault : l’accueil très inégal de deux gloires rouennaises »
La ville de Rouen a vu naître à la fois le compositeur d’opéras le plus célèbre de son époque et celui que l’on considère aujourd’hui comme le père de la peinture moderne. Or, entre ces deux gloires dont la cité normande aurait pu également se prévaloir, l’hommage sera durablement très inégal. C’est avec enthousiasme qu’on suit la carrière et l’œuvre de l’auteur de La Dame blanche, alors qu’on ignore ou oubliera bientôt celui du Radeau de la Méduse.
Pourquoi cette inégalité de traitement entre deux grands noms qui, chacun dans leur domaine artistique, illustrent si bien la période de la Restauration ?
• Jean-Paul Clément, président fondateur de la Nouvelle Société des Études sur la Restauration : « La Restauration ou le retour aux racines de l’Histoire de la monarchie française : Chateaubriand »
Le XVIIIe siècle français n’aimait pas son passé chrétien et monarchique, à moins que ce ne fût comme pur élément décoratif – une fabrique représentant une tour gothique ruinée dans un parc à l’anglaise, les chansons troubadour. Mais, à côté de cela, Voltaire se gaussait de la Pucelle et sa Henriade manquait de souffle. Rabaut Saint-Étienne, le Constituant, proclamait en 1789, du haut de la tribune de l’Assemblée : « L’histoire n’est pas notre code ». Athènes était l’exemple qu’il fallait suivre. Les Constituants se considéraient comme de nouveaux Solon et de nouveaux Lycurgue.
Lorsque le Génie du christianisme parut en 1802, après que la Révolution ait fait sombrer toutes les bases de la vieille société française, ce ne fut pas seulement dans la lignée de la politique concordataire de Napoléon, comme on a pu le dire : l’ouvrage de Chateaubriand annonçait aussi la réaction contre l’idolâtrie gréco-romaine. Le roman qui en fut l’illustration, Les Martyrs, publié en 1809, était une épopée en prose où tous les siècles étaient réunis autour de Velléda, prêtresse gauloise contemporaine de Clodion le Franc.
Le Génie du christianisme traça une voie qu’empruntèrent Lenoir et son Musée des monuments français, qui fit comprendre à la France qu’elle avait un patrimoine à défendre après le saccage des tombeaux des rois de France à Saint-Denis, ou Taylor et son Voyage pittoresque dans l’ancienne France. Tout un renouveau de l’histoire passée revenait à la mémoire des Français, dont on voulait faire des hommes nouveaux, sur les conseils de Jean-Jacques Rousseau.
La Grèce devenait une humanité souffrante, et non un modèle. Elle vivait persécutée par les Turcs. Chateaubriand en sera le premier défenseur dans le Comité philhellène, dont il sera le président à Paris.
• Antoine Roquette : « La Restauration et l’ouverture sur la modernité »
La Restauration est souvent considérée par nos concitoyens comme une tentative de retour archaïque à l’Ancien Régime. Si certains aspects, en particulier pendant le règne bien court de Charles X, avec le protocole, l’importance des problèmes religieux, l’influence de la duchesse d’Angoulême ou la répression des complots militaires comme celui des sergents de La Rochelle, ont pu valider un moment cette vision, la réalité sociale de l’émergence de la bourgeoisie, la vitalité économique et financière, le romantisme, jusqu’à l’apparition du socialisme, ouvrent au contraire les grands débats de la seconde partie du XIXe siècle, voire du XXe. La France et l’Angleterre sont les deux premiers pays à expérimenter ces nouvelles voies.
• Jean-Pierre Chaline, professeur émérite à l’Université Paris-Sorbonne : « Boieldieu, Géricault : l’accueil très inégal de deux gloires rouennaises »
La ville de Rouen a vu naître à la fois le compositeur d’opéras le plus célèbre de son époque et celui que l’on considère aujourd’hui comme le père de la peinture moderne. Or, entre ces deux gloires dont la cité normande aurait pu également se prévaloir, l’hommage sera durablement très inégal. C’est avec enthousiasme qu’on suit la carrière et l’œuvre de l’auteur de La Dame blanche, alors qu’on ignore ou oubliera bientôt celui du Radeau de la Méduse.
Pourquoi cette inégalité de traitement entre deux grands noms qui, chacun dans leur domaine artistique, illustrent si bien la période de la Restauration ?
• Jean-Paul Clément, président fondateur de la Nouvelle Société des Études sur la Restauration : « La Restauration ou le retour aux racines de l’Histoire de la monarchie française : Chateaubriand »
Le XVIIIe siècle français n’aimait pas son passé chrétien et monarchique, à moins que ce ne fût comme pur élément décoratif – une fabrique représentant une tour gothique ruinée dans un parc à l’anglaise, les chansons troubadour. Mais, à côté de cela, Voltaire se gaussait de la Pucelle et sa Henriade manquait de souffle. Rabaut Saint-Étienne, le Constituant, proclamait en 1789, du haut de la tribune de l’Assemblée : « L’histoire n’est pas notre code ». Athènes était l’exemple qu’il fallait suivre. Les Constituants se considéraient comme de nouveaux Solon et de nouveaux Lycurgue.
Lorsque le Génie du christianisme parut en 1802, après que la Révolution ait fait sombrer toutes les bases de la vieille société française, ce ne fut pas seulement dans la lignée de la politique concordataire de Napoléon, comme on a pu le dire : l’ouvrage de Chateaubriand annonçait aussi la réaction contre l’idolâtrie gréco-romaine. Le roman qui en fut l’illustration, Les Martyrs, publié en 1809, était une épopée en prose où tous les siècles étaient réunis autour de Velléda, prêtresse gauloise contemporaine de Clodion le Franc.
Le Génie du christianisme traça une voie qu’empruntèrent Lenoir et son Musée des monuments français, qui fit comprendre à la France qu’elle avait un patrimoine à défendre après le saccage des tombeaux des rois de France à Saint-Denis, ou Taylor et son Voyage pittoresque dans l’ancienne France. Tout un renouveau de l’histoire passée revenait à la mémoire des Français, dont on voulait faire des hommes nouveaux, sur les conseils de Jean-Jacques Rousseau.
La Grèce devenait une humanité souffrante, et non un modèle. Elle vivait persécutée par les Turcs. Chateaubriand en sera le premier défenseur dans le Comité philhellène, dont il sera le président à Paris.
• Antoine Roquette : « La Restauration et l’ouverture sur la modernité »
La Restauration est souvent considérée par nos concitoyens comme une tentative de retour archaïque à l’Ancien Régime. Si certains aspects, en particulier pendant le règne bien court de Charles X, avec le protocole, l’importance des problèmes religieux, l’influence de la duchesse d’Angoulême ou la répression des complots militaires comme celui des sergents de La Rochelle, ont pu valider un moment cette vision, la réalité sociale de l’émergence de la bourgeoisie, la vitalité économique et financière, le romantisme, jusqu’à l’apparition du socialisme, ouvrent au contraire les grands débats de la seconde partie du XIXe siècle, voire du XXe. La France et l’Angleterre sont les deux premiers pays à expérimenter ces nouvelles voies.
XLIVe séance de travail (samedi 22 mars 2025)
• Jean-Paul Clément : « Le sacre de Charles X à Reims (29 mai 1825) »
Charles X fut sacré le 29 mai 1825 à Reims, en observant tous les sacrements et rituels de cette belle cérémonie, marquée par l’onction de saint chrême, la messe, le rôle éminent joué par le clergé – à la tête duquel se trouvait l’archevêque de Reims, Mgr de Latil –, la visite à l’hôpital de Saint-Marcoul où les rois, depuis les origines de la dynastie capétienne, étaient venus pour accomplir cet acte surnaturel qu’était la guérison des écrouelles.
• Jean-Paul Clément : « Le sacre de Charles X à Reims (29 mai 1825) »
Charles X fut sacré le 29 mai 1825 à Reims, en observant tous les sacrements et rituels de cette belle cérémonie, marquée par l’onction de saint chrême, la messe, le rôle éminent joué par le clergé – à la tête duquel se trouvait l’archevêque de Reims, Mgr de Latil –, la visite à l’hôpital de Saint-Marcoul où les rois, depuis les origines de la dynastie capétienne, étaient venus pour accomplir cet acte surnaturel qu’était la guérison des écrouelles.
Mais derrière ce caractère traditionnel, Charles X avait l’intention de « renouer la chaîne des temps ». Il ne faisait que reprendre le vœu secret de son frère Louis XVIII, qui aurait souhaité lui aussi venir à Reims mais qui en fut empêché par son mauvais état de santé, qui devait l’emporter en septembre 1824. Néanmoins le roi défunt avait-il marqué son intention absolue de maintenir le sacre ; en témoignent les portraits qu’il commanda à quatre peintres : Lefèvre, Paulin-Guérin, Gérard et le baron Gros.
Les écrivains, alors qu’ils étaient portés par le souffle des idées romantiques, entonnèrent l’hymne du sacre, que ce fût Victor Hugo dans son ode, Lamartine ou Nodier, conservateur de l’Arsenal, qui réunissait tout ce qui comptait d’important dans la littérature de l’époque. Tous étaient animés d’une ardeur qui les fit se rendre à Reims. Le roi les combla de largesses et de titres, au moment de la réception des ordres du Saint-Esprit et de la Légion d’honneur. M. Landric Raillat, auteur d’un très beau livre paru en 1991, Charles X ou le sacre de la dernière chance (Orban), a publié un ouvrage remarquable tant par les détails, sans lourdeur, qu’une vision pénétrante de la royauté et des rapports entre l’Autel et la monarchie, pour achever son étude sur un épilogue éblouissant.
Les écrivains, alors qu’ils étaient portés par le souffle des idées romantiques, entonnèrent l’hymne du sacre, que ce fût Victor Hugo dans son ode, Lamartine ou Nodier, conservateur de l’Arsenal, qui réunissait tout ce qui comptait d’important dans la littérature de l’époque. Tous étaient animés d’une ardeur qui les fit se rendre à Reims. Le roi les combla de largesses et de titres, au moment de la réception des ordres du Saint-Esprit et de la Légion d’honneur. M. Landric Raillat, auteur d’un très beau livre paru en 1991, Charles X ou le sacre de la dernière chance (Orban), a publié un ouvrage remarquable tant par les détails, sans lourdeur, qu’une vision pénétrante de la royauté et des rapports entre l’Autel et la monarchie, pour achever son étude sur un épilogue éblouissant.
• François Hou, docteur de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne : « Les chapitres cathédraux sous la Restauration »
La Restauration ne représente pas une rupture pour les chapitres cathédraux formés en 1802 lors de la réorganisation concordataire. En effet, après l’échec du Concordat de 1817, les chapitres conservent la forme qui leur a été donnée à l’époque napoléonienne. Cependant, la Restauration affecte l’institution capitulaire de plusieurs manières. Tout d’abord, elle s’accompagne de la création de nouveaux chapitres dans les diocèses érigés après 1817. De plus, elle réintroduit des usages d’Ancien Régime comme les canonicats de nomination royale, tandis que le contrôle des nominations au canonicat par l’administration perd son caractère systématique. Enfin, elle tend à favoriser la promotion au canonicat d’ecclésiastiques qui se sont signalés par leur fidélité aux Bourbons ou par leur nette hostilité à la Révolution. Cependant, elle correspond également à l’époque où commence à poindre au sein des chapitres une nouvelle génération de chanoines formés après le Concordat. L’évolution des chapitres entre 1814 et 1830 est ainsi l’occasion de mettre en évidence la réinterprétation du système concordataire napoléonien sous le dernier régime à avoir tenté de renouer l’alliance du trône et de l’autel.
• Valentin Kerviniou, doctorant à l’École Pratique des Hautes Études : « Adolphe Thiers, commentateur des relations internationales dans les années 1820 »
Les débuts de la carrière d’Adolphe Thiers, figure politique incontournable de la vie politique française du XIXe siècle, se font dans le journalisme d’opposition sous la Restauration. Grâce aux articles authentifiés comme étant écrits par Thiers, il est possible de dégager sa vision des relations internationales du temps de la Restauration : l’importance des différentes affaires où la France s’implique, la politique extérieure que la France mène et les opinions qu’il porte sur les différents acteurs de l’ordre international. Bien que libéral, il ne regarde pas les principes comme étant suffisants pour mener une action. Pour éviter les positionnements tranchés mécaniques, il décrit et analyse les événements de manière plus pragmatique, selon les avantages que la France peut retirer ou non de l’action ou de l’inaction. De la guerre d’Espagne à la Grèce en passant par la Pologne ou des portraits de dirigeants comme Metternich ou Villèle, Adolphe Thiers exprime une opinion qui s’affine avec les remous de l’opinion à mesure que les événements internationaux avancent dans une direction ou dans une autre.
• François Hou, docteur de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne : « Les chapitres cathédraux sous la Restauration »
La Restauration ne représente pas une rupture pour les chapitres cathédraux formés en 1802 lors de la réorganisation concordataire. En effet, après l’échec du Concordat de 1817, les chapitres conservent la forme qui leur a été donnée à l’époque napoléonienne. Cependant, la Restauration affecte l’institution capitulaire de plusieurs manières. Tout d’abord, elle s’accompagne de la création de nouveaux chapitres dans les diocèses érigés après 1817. De plus, elle réintroduit des usages d’Ancien Régime comme les canonicats de nomination royale, tandis que le contrôle des nominations au canonicat par l’administration perd son caractère systématique. Enfin, elle tend à favoriser la promotion au canonicat d’ecclésiastiques qui se sont signalés par leur fidélité aux Bourbons ou par leur nette hostilité à la Révolution. Cependant, elle correspond également à l’époque où commence à poindre au sein des chapitres une nouvelle génération de chanoines formés après le Concordat. L’évolution des chapitres entre 1814 et 1830 est ainsi l’occasion de mettre en évidence la réinterprétation du système concordataire napoléonien sous le dernier régime à avoir tenté de renouer l’alliance du trône et de l’autel.
• Valentin Kerviniou, doctorant à l’École Pratique des Hautes Études : « Adolphe Thiers, commentateur des relations internationales dans les années 1820 »
Les débuts de la carrière d’Adolphe Thiers, figure politique incontournable de la vie politique française du XIXe siècle, se font dans le journalisme d’opposition sous la Restauration. Grâce aux articles authentifiés comme étant écrits par Thiers, il est possible de dégager sa vision des relations internationales du temps de la Restauration : l’importance des différentes affaires où la France s’implique, la politique extérieure que la France mène et les opinions qu’il porte sur les différents acteurs de l’ordre international. Bien que libéral, il ne regarde pas les principes comme étant suffisants pour mener une action. Pour éviter les positionnements tranchés mécaniques, il décrit et analyse les événements de manière plus pragmatique, selon les avantages que la France peut retirer ou non de l’action ou de l’inaction. De la guerre d’Espagne à la Grèce en passant par la Pologne ou des portraits de dirigeants comme Metternich ou Villèle, Adolphe Thiers exprime une opinion qui s’affine avec les remous de l’opinion à mesure que les événements internationaux avancent dans une direction ou dans une autre.
2024
XLIIIe séance de travail (samedi 16 novembre 2024)
- Rémy Hême de Lacotte : Compte rendu du colloque « Louis XVIII (1755-1824). Devenir et demeurer roi de France à l’ère des révolutions » (Sorbonne, 17-19 octobre 2024) »
- Jean-Paul Clément : Chateaubriand et Louis XVIII entre 1814 et 1816
- Jean-Pierre Chaline : Louis XVIII et la droite
XLIIe séance de travail (samedi 23 mars 2024)
• Chantal Procureur, Docteur en Histoire moderne et contemporaine : « Charles-Marie de Feletz (1767-1850) : un littérateur protéiforme sous la Restauration »
Charles-Marie de Feletz naquit le 3 janvier 1767 dans le Limousin, cadet d’une famille noble d’ancien lignage. Après de brillantes études chez les Doctrinaires, il gagna Paris pour faire des études de théologie en Sorbonne. Au début de la Révolution, il devint prêtre ; puis sous la Terreur, il fut emprisonné sur les pontons de Rochefort. Après la tourmente, des circonstances l’amenèrent à revenir à Paris et il entra en 1802 au Journal des Débats comme critique littéraire. L’Empire se passa dans l’attente du roi légitime. Pour ce fervent royaliste, le retour des Bourbons lors de la Restauration fut une grande joie. Littérateur pensionné de l’État, il fut reçu dans les salons les plus prestigieux de la capitale. Tout en continuant à écrire des articles aux Débats, il s’investit dans une publication nouvelle : Les Lettres Champenoises. Il poursuivit aussi son activité de conservateur à la Bibliothèque Mazarine et fut nommé inspecteur de l’Académie de Paris. Le 16 décembre 1826, il fut élu à l’Académie française. Durant la monarchie de Juillet, très amer, il se replia sur la Bibliothèque Mazarine et l’Académie. Il décéda le 11 février 1850 dans son appartement du Palais de l’Institut.
Auteur d’une thèse sur « Charles-Marie de Feletz (1767-1850) : un défenseur des Belles-Lettres », soutenue en 2021 sous la direction de Jacques-Olivier Boudon (président du jury : Jean Tulard), Chantal Procureur est vice-présidente de la Société d’Archéologie et d’Histoire de la Manche, section de Saint-Lô, et vice-présidente de l’Association des membres de l’ordre des Palmes Académiques de la Manche.
• Estelle Berthereau : « Pierre-Sébastien Laurentie »
Issu d’un milieu modeste du sud-ouest, Pierre-Sébastien Laurentie (1793-1876) symbolise l’itinéraire balzacien du royaliste bourgeois qui accède, dans la France postrévolutionnaire, à la direction d’un quotidien national (La Quotidienne de Joseph Michaud puis L’Union) pour défendre le royalisme et le catholicisme à travers « son » roi et « son » pape. Il devient l’un des premiers journalistes professionnels qui n’est reconnu que pour sa plume de publiciste et non pour ses talents d’écrivain célèbre, tels Balzac avec qui il collabore, Chateaubriand, Tocqueville, avec qui il correspond, Lamennais, un temps son maître, avec qui il partage une amitié de 20 ans, et des centaines d’autres écrivains ou « hommes de lettres » qui peuplent sa correspondance passive de plus de 12 000 lettres (fonds Malouet-Laurentie, AN, 372 AP).
Son parcours de journaliste interroge la définition en construction depuis la Restauration jusqu’à la IIIe République, de cette profession décrite dans Illusions perdues par Balzac, au moment où ce dernier doit rédiger pour Laurentie et le duc de Fitz-James un article pour la revue du Rénovateur, au début de la monarchie de Juillet. Entre articles littéraires, historiques, politiques, religieux, signant rarement et reconnaissable auprès de ses contemporains et des générations postérieures pour son style qualifié de « carré » par Maxime Du Camp, Laurentie oscille entre journaliste littéraire, théoricien religieux et philosophique, et homme politique et faiseur d’opinion, au service de la cause qu’il défend. Hostile aux nobles absolutistes qui lui reprochent son statut social, il demeure néanmoins un farouche adversaire de la Révolution française, jugée par lui responsable de l’athéisme et de la sécularisation de son temps. Légitimant son engagement journalistique alors qu’il est considéré comme le « doyen de la presse » (d’opinion) à partir du Second Empire, il écrit : « Tout est passé par ce vil métier, tout, excepté la médiocrité. »
Agrégée, docteur en histoire du XIXe siècle et chercheuse associée au Centre d’Histoire du XIXe siècle à la Sorbonne, Estelle Berthereau est actuellement chercheuse postdoctorale à l’Université de Luxembourg au C2DH. Elle a publié en 2021 chez Honoré Champion sa thèse sur l’itinéraire du journaliste catholique et royaliste Pierre-Sébastien Laurentie
• Antoine Roquette : « L’abbé de Pradt »
En s’appuyant sur l’analyse et les commentaires de la biographie de l’abbé de Pradt publiée par Gildard Guillaume (L’abbé de Pradt. Un procès politique, Paris, L’Harmattan, 2023), Antoine Roquette nous entretiendra de cet ecclésiastique à la trajectoire paradoxale, dans la lignée de Talleyrand.
Dominique Frédéric Dufour de Pradt (1759-1837) fut député, puis premier aumônier de Napoléon Ier et promu baron d’Empire. Sous la Restauration, il fut admis dans l’intimité de Talleyrand. Lors de l’entrée des Prussiens à Paris, il se prononça tout comme lui pour le rétablissement du gouvernement royal et le rappel immédiat des Bourbons. Louis XVIII le confirma dans son poste de chancelier de la Légion d’honneur auquel l’avait élevé le 7 avril 1814 le gouvernement provisoire.
Après une nouvelle disgrâce, il se jeta dans l’opposition libérale et publia de nombreux ouvrages sur des sujets variés. Traduit en 1820 pour une brochure sur la loi des élections, il fut acquitté. Élu en 1827 député du Puy-de-Dôme, il adopta les idées constitutionnelles. Il démissionna en 1828. Après la révolution de 1830, il revint à des opinions légitimistes. Il mourut en 1837, alors qu’il préparait une histoire de la Restauration.
Antoine Roquette se consacre depuis plusieurs années à l’étude de la Restauration. Il a publié : Mgr Frayssinous, grand-maître de l’Université sous la Restauration (Honoré Champion, 2007), et, aux Éditions du Félin : Le Concordat de 1817. Louis XVIII face à Pie VII (2010), La Restauration et la révolution espagnole, de Cadix au Trocadéro (2016), et La France et l’indépendance de la Grèce (1821-1829), ou le romantisme dans les relations internationales (2020).
• Chantal Procureur, Docteur en Histoire moderne et contemporaine : « Charles-Marie de Feletz (1767-1850) : un littérateur protéiforme sous la Restauration »
Charles-Marie de Feletz naquit le 3 janvier 1767 dans le Limousin, cadet d’une famille noble d’ancien lignage. Après de brillantes études chez les Doctrinaires, il gagna Paris pour faire des études de théologie en Sorbonne. Au début de la Révolution, il devint prêtre ; puis sous la Terreur, il fut emprisonné sur les pontons de Rochefort. Après la tourmente, des circonstances l’amenèrent à revenir à Paris et il entra en 1802 au Journal des Débats comme critique littéraire. L’Empire se passa dans l’attente du roi légitime. Pour ce fervent royaliste, le retour des Bourbons lors de la Restauration fut une grande joie. Littérateur pensionné de l’État, il fut reçu dans les salons les plus prestigieux de la capitale. Tout en continuant à écrire des articles aux Débats, il s’investit dans une publication nouvelle : Les Lettres Champenoises. Il poursuivit aussi son activité de conservateur à la Bibliothèque Mazarine et fut nommé inspecteur de l’Académie de Paris. Le 16 décembre 1826, il fut élu à l’Académie française. Durant la monarchie de Juillet, très amer, il se replia sur la Bibliothèque Mazarine et l’Académie. Il décéda le 11 février 1850 dans son appartement du Palais de l’Institut.
Auteur d’une thèse sur « Charles-Marie de Feletz (1767-1850) : un défenseur des Belles-Lettres », soutenue en 2021 sous la direction de Jacques-Olivier Boudon (président du jury : Jean Tulard), Chantal Procureur est vice-présidente de la Société d’Archéologie et d’Histoire de la Manche, section de Saint-Lô, et vice-présidente de l’Association des membres de l’ordre des Palmes Académiques de la Manche.
• Estelle Berthereau : « Pierre-Sébastien Laurentie »
Issu d’un milieu modeste du sud-ouest, Pierre-Sébastien Laurentie (1793-1876) symbolise l’itinéraire balzacien du royaliste bourgeois qui accède, dans la France postrévolutionnaire, à la direction d’un quotidien national (La Quotidienne de Joseph Michaud puis L’Union) pour défendre le royalisme et le catholicisme à travers « son » roi et « son » pape. Il devient l’un des premiers journalistes professionnels qui n’est reconnu que pour sa plume de publiciste et non pour ses talents d’écrivain célèbre, tels Balzac avec qui il collabore, Chateaubriand, Tocqueville, avec qui il correspond, Lamennais, un temps son maître, avec qui il partage une amitié de 20 ans, et des centaines d’autres écrivains ou « hommes de lettres » qui peuplent sa correspondance passive de plus de 12 000 lettres (fonds Malouet-Laurentie, AN, 372 AP).
Son parcours de journaliste interroge la définition en construction depuis la Restauration jusqu’à la IIIe République, de cette profession décrite dans Illusions perdues par Balzac, au moment où ce dernier doit rédiger pour Laurentie et le duc de Fitz-James un article pour la revue du Rénovateur, au début de la monarchie de Juillet. Entre articles littéraires, historiques, politiques, religieux, signant rarement et reconnaissable auprès de ses contemporains et des générations postérieures pour son style qualifié de « carré » par Maxime Du Camp, Laurentie oscille entre journaliste littéraire, théoricien religieux et philosophique, et homme politique et faiseur d’opinion, au service de la cause qu’il défend. Hostile aux nobles absolutistes qui lui reprochent son statut social, il demeure néanmoins un farouche adversaire de la Révolution française, jugée par lui responsable de l’athéisme et de la sécularisation de son temps. Légitimant son engagement journalistique alors qu’il est considéré comme le « doyen de la presse » (d’opinion) à partir du Second Empire, il écrit : « Tout est passé par ce vil métier, tout, excepté la médiocrité. »
Agrégée, docteur en histoire du XIXe siècle et chercheuse associée au Centre d’Histoire du XIXe siècle à la Sorbonne, Estelle Berthereau est actuellement chercheuse postdoctorale à l’Université de Luxembourg au C2DH. Elle a publié en 2021 chez Honoré Champion sa thèse sur l’itinéraire du journaliste catholique et royaliste Pierre-Sébastien Laurentie
• Antoine Roquette : « L’abbé de Pradt »
En s’appuyant sur l’analyse et les commentaires de la biographie de l’abbé de Pradt publiée par Gildard Guillaume (L’abbé de Pradt. Un procès politique, Paris, L’Harmattan, 2023), Antoine Roquette nous entretiendra de cet ecclésiastique à la trajectoire paradoxale, dans la lignée de Talleyrand.
Dominique Frédéric Dufour de Pradt (1759-1837) fut député, puis premier aumônier de Napoléon Ier et promu baron d’Empire. Sous la Restauration, il fut admis dans l’intimité de Talleyrand. Lors de l’entrée des Prussiens à Paris, il se prononça tout comme lui pour le rétablissement du gouvernement royal et le rappel immédiat des Bourbons. Louis XVIII le confirma dans son poste de chancelier de la Légion d’honneur auquel l’avait élevé le 7 avril 1814 le gouvernement provisoire.
Après une nouvelle disgrâce, il se jeta dans l’opposition libérale et publia de nombreux ouvrages sur des sujets variés. Traduit en 1820 pour une brochure sur la loi des élections, il fut acquitté. Élu en 1827 député du Puy-de-Dôme, il adopta les idées constitutionnelles. Il démissionna en 1828. Après la révolution de 1830, il revint à des opinions légitimistes. Il mourut en 1837, alors qu’il préparait une histoire de la Restauration.
Antoine Roquette se consacre depuis plusieurs années à l’étude de la Restauration. Il a publié : Mgr Frayssinous, grand-maître de l’Université sous la Restauration (Honoré Champion, 2007), et, aux Éditions du Félin : Le Concordat de 1817. Louis XVIII face à Pie VII (2010), La Restauration et la révolution espagnole, de Cadix au Trocadéro (2016), et La France et l’indépendance de la Grèce (1821-1829), ou le romantisme dans les relations internationales (2020).
2023
XLIe séance de travail (samedi 21 octobre 2023)
• Dominique Danguy des Déserts : « Mémoires d’un garde du roi »
Les descendants de Jacques-Joseph de Naylies (1786-1874) ont publié ses mémoires récemment retrouvés. Aux Mémoires d’un dragon de l’Empire (SPM, 2020), allant du traité de Tilsit à la Seconde Restauration, succèdent les Mémoires d’un garde du Roi (SPM, 2022), qui commencent en 1816 lorsque Naylies, qui a été repéré par le duc de Berry durant les Cent-Jours, rejoint les Tuileries. Il vit alors dans l’intimité de la famille royale et fait de ce temps un récit précis et vivant, mêlant chronique de la Cour et graves événements, tels l’assassinat du duc de Berry, la mort de Louis XVIII ou le sacre de Charles X. Son attachement à la famille royale n’empêche pas son analyse lucide de la situation : il voit monter les périls qui mènent à la Révolution de 1830 qu’il raconte avec une émotion contenue depuis les fatales journées de Juillet jusqu’à l’embarquement de Charles X pour un troisième exil. Naylies quitte alors l’armée et, pour élever ses filles, se lance dans l’industrie de la meule à La Ferté-sous-Jouarre.
Il n’oublie pas la famille royale et lui rend visite dans son exil autrichien en 1846. Il laisse le récit de cette visite, occasion de revenir sur les champs de batailles de sa jeunesse et de livrer sa vision des événements vécus.
Ces mémoires restituent la vie de fidélité et d’engagement de Jacques-Joseph de Naylies.
• Pauline Piettre, Maître de conférences à l’Institut Catholique de Paris : « L’image de l’Angleterre en France sous la Restauration : une autre histoire des relations franco-anglaises (1814-1830) »
« L’histoire de la Restauration ne peut s’écrire que par référence à ce qui lui sert de modèle, l’Angleterre » (Emmanuel de Waresquiel). La période est marquée en effet par ce que nous appellerions « une tentation de Londres », bien que l’image de l’Angleterre reste équivoque en raison d’une longue et ancienne confrontation sur le champ de bataille.
Sur le plan intérieur, l’Angleterre est d’abord une puissance qui attire par son équilibre institutionnel, par la place laissée à la presse et à la liberté d’opinion, mais aussi pour son organisation hiérarchisée, son développement industriel, et par le tempérament de son peuple qui tranche avec les soubresauts populaires qui ont secoué l’histoire française des dernières décennies. L’Angleterre est ainsi parée de nombreuses vertus – elle est en réalité encore bien peu connue – et elle est observée par beaucoup comme un modèle à reproduire alors même que chacun croit y trouver les réponses, parfois contradictoires, à ses propres questions. Sur le plan extérieur, la Grande-Bretagne impressionne par sa capacité navale, sa présence coloniale mais aussi par son indépendance et sa stature diplomatique. Pour les hommes de la Restauration, cette attraction reste ambiguë : c’est à la fois le pays qui a vaincu Napoléon, qui a permis le retour des Bourbons sur le trône mais qui est aussi à l’origine de l’abaissement diplomatique et colonial de la France.
Aussi, l’image que les Français se font de l’Angleterre sous la Restauration – à la fois sur le plan intérieur et extérieur – est une autre façon d’aborder les relations franco-anglaises en montrant les liens qui unissent ces deux nations en cette période cruciale de construction et de consolidation. Plus que ce « moment anglais de l’histoire politique française » (Pierre Rosanvallon), l’attrait pour certains ou l’observation attentive pour d’autres du voisin d’outre-Manche nous dit aussi beaucoup sur le regard que les contemporains portent sur la France, et sur les héritages et les principes qu’ils souhaitent lui léguer pour assurer la paix, la prospérité et la stabilité politique. Ce sont tous ces aspects que cette communication tentera de présenter pour éclairer cette période de la Restauration toujours aussi riche à revisiter.
• Antoine Roquette : « L’affaire Fualdès »
L’affaire Fualdès est un fait divers tragique intervenu en 1817 à Rodez, dont on n’a toujours pas perçu les tenants et aboutissants, qui a tenu en haleine la France entière par son horreur, la notoriété de ses intervenants, les relents politiques et les mystères qui l’entourent. Une nombreuse littérature, filmographie, des expositions, dont la dernière s’est tenue en 2017, ont tenté de percer les interrogations qui demeurent autour de ce fait divers.
Il s’agit de l’égorgement du procureur du chef-lieu de l’Aveyron, qui a joué un rôle actif pendant la Révolution dans le Rouergue, dont on retrouve le cadavre dans les flots de la rivière qui borde la ville. Les circonstances de l’assassinat sont pleines d’imprévus qui font surface peu à peu, mais qui n’empêchent pas la rapide condamnation à mort et l’exécution de deux notables et du tenancier du bouge où s’est produit le meurtre. Mais on a remarqué l’attention que les plus hautes autorités du pays ont apportée à cette affaire. Pourquoi ?
• Dominique Danguy des Déserts : « Mémoires d’un garde du roi »
Les descendants de Jacques-Joseph de Naylies (1786-1874) ont publié ses mémoires récemment retrouvés. Aux Mémoires d’un dragon de l’Empire (SPM, 2020), allant du traité de Tilsit à la Seconde Restauration, succèdent les Mémoires d’un garde du Roi (SPM, 2022), qui commencent en 1816 lorsque Naylies, qui a été repéré par le duc de Berry durant les Cent-Jours, rejoint les Tuileries. Il vit alors dans l’intimité de la famille royale et fait de ce temps un récit précis et vivant, mêlant chronique de la Cour et graves événements, tels l’assassinat du duc de Berry, la mort de Louis XVIII ou le sacre de Charles X. Son attachement à la famille royale n’empêche pas son analyse lucide de la situation : il voit monter les périls qui mènent à la Révolution de 1830 qu’il raconte avec une émotion contenue depuis les fatales journées de Juillet jusqu’à l’embarquement de Charles X pour un troisième exil. Naylies quitte alors l’armée et, pour élever ses filles, se lance dans l’industrie de la meule à La Ferté-sous-Jouarre.
Il n’oublie pas la famille royale et lui rend visite dans son exil autrichien en 1846. Il laisse le récit de cette visite, occasion de revenir sur les champs de batailles de sa jeunesse et de livrer sa vision des événements vécus.
Ces mémoires restituent la vie de fidélité et d’engagement de Jacques-Joseph de Naylies.
• Pauline Piettre, Maître de conférences à l’Institut Catholique de Paris : « L’image de l’Angleterre en France sous la Restauration : une autre histoire des relations franco-anglaises (1814-1830) »
« L’histoire de la Restauration ne peut s’écrire que par référence à ce qui lui sert de modèle, l’Angleterre » (Emmanuel de Waresquiel). La période est marquée en effet par ce que nous appellerions « une tentation de Londres », bien que l’image de l’Angleterre reste équivoque en raison d’une longue et ancienne confrontation sur le champ de bataille.
Sur le plan intérieur, l’Angleterre est d’abord une puissance qui attire par son équilibre institutionnel, par la place laissée à la presse et à la liberté d’opinion, mais aussi pour son organisation hiérarchisée, son développement industriel, et par le tempérament de son peuple qui tranche avec les soubresauts populaires qui ont secoué l’histoire française des dernières décennies. L’Angleterre est ainsi parée de nombreuses vertus – elle est en réalité encore bien peu connue – et elle est observée par beaucoup comme un modèle à reproduire alors même que chacun croit y trouver les réponses, parfois contradictoires, à ses propres questions. Sur le plan extérieur, la Grande-Bretagne impressionne par sa capacité navale, sa présence coloniale mais aussi par son indépendance et sa stature diplomatique. Pour les hommes de la Restauration, cette attraction reste ambiguë : c’est à la fois le pays qui a vaincu Napoléon, qui a permis le retour des Bourbons sur le trône mais qui est aussi à l’origine de l’abaissement diplomatique et colonial de la France.
Aussi, l’image que les Français se font de l’Angleterre sous la Restauration – à la fois sur le plan intérieur et extérieur – est une autre façon d’aborder les relations franco-anglaises en montrant les liens qui unissent ces deux nations en cette période cruciale de construction et de consolidation. Plus que ce « moment anglais de l’histoire politique française » (Pierre Rosanvallon), l’attrait pour certains ou l’observation attentive pour d’autres du voisin d’outre-Manche nous dit aussi beaucoup sur le regard que les contemporains portent sur la France, et sur les héritages et les principes qu’ils souhaitent lui léguer pour assurer la paix, la prospérité et la stabilité politique. Ce sont tous ces aspects que cette communication tentera de présenter pour éclairer cette période de la Restauration toujours aussi riche à revisiter.
• Antoine Roquette : « L’affaire Fualdès »
L’affaire Fualdès est un fait divers tragique intervenu en 1817 à Rodez, dont on n’a toujours pas perçu les tenants et aboutissants, qui a tenu en haleine la France entière par son horreur, la notoriété de ses intervenants, les relents politiques et les mystères qui l’entourent. Une nombreuse littérature, filmographie, des expositions, dont la dernière s’est tenue en 2017, ont tenté de percer les interrogations qui demeurent autour de ce fait divers.
Il s’agit de l’égorgement du procureur du chef-lieu de l’Aveyron, qui a joué un rôle actif pendant la Révolution dans le Rouergue, dont on retrouve le cadavre dans les flots de la rivière qui borde la ville. Les circonstances de l’assassinat sont pleines d’imprévus qui font surface peu à peu, mais qui n’empêchent pas la rapide condamnation à mort et l’exécution de deux notables et du tenancier du bouge où s’est produit le meurtre. Mais on a remarqué l’attention que les plus hautes autorités du pays ont apportée à cette affaire. Pourquoi ?
XLe séance de travail (samedi 18 mars 2023)
• Charles-Éloi Vial, docteur habilité en histoire, conservateur à la Bibliothèque nationale de France, département des Manuscrits : « Le Siècle des chutes : abdications et déchéances, 1814-1870 »
En seulement deux générations tous les modèles monarchiques s’effondrent, soit deux empires et deux monarchies constitutionnelles (Restauration et monarchie de Juillet), que ce soit sous le coup des défaites militaires (1815, 1870), de complots (1814) et de révolutions (1830, 1848). Si le mot abdication recouvre plusieurs réalités – déposition forcée, renonciation volontaire ou départ précipité entériné a posteriori par un nouveau pouvoir –, toutes ces fins de règne ne firent en réalité que perpétuer, tout en les remettant au goût du jour, des modèles anciens. Les derniers souverains de notre histoire étaient sans le savoir des héritiers des déchéances passées, vivant dans un siècle fasciné par l’histoire et par les tragédies.
Mêlant la mystique du pouvoir aux considérations politiques, diplomatiques ou juridiques les plus complexes, offrant des récits riches en suspense, ces déchéances successives de 1814, 1815, 1830, 1848 et 1870 ont aussi pour caractéristique paradoxale de renvoyer une autre image du régime qu’elles terminent, comme si la nature même d’un pouvoir souverain ne se dévoilait jamais mieux qu’au moment de sa disparition.
L’abdication de Charles X en août 1830, une des plus marquantes du siècle, peut notamment s’étudier à l’aide de nombreux documents inédits, éclairant le contexte politique et intellectuel de la révolution de Juillet, tout en offrant de nouvelles informations sur les réactions du roi et de son entourage, mais aussi sur celles de ses adversaires politiques.
• Valérie Guittienne-Murger, conservateur de la Bibliothèque de Port-Royal et docteur en histoire rattachée au centre de recherche du Memo à l’université de Nanterre : « Port-Royal et la religion selon la Charte »
Sous la Restauration, dans l’affrontement entre les défenseurs de l’héritage révolutionnaire et leurs adversaires soucieux d’en effacer toute trace, la religion a occupé une place d’autant plus importante qu’elle avait déjà été au cœur de l’une des principales fractures de la Révolution. Et 25 ans plus tard, elle était encore l’objet et le moyen d’une reconquête des esprits et des âmes mise en œuvre conjointement par les autorités civiles et ecclésiastiques. Jusqu’à devenir l’angle d’attaque privilégié des libéraux pour dénoncer l’alliance d’un Trône de plus en plus tourné vers l’Ancien Régime et d’un Autel de plus en plus tourné vers Rome. Des débats sur la sécularisation du mariage ou l’enseignement mutuel jusqu’aux missions intérieures et la campagne de 1826 contre les jésuites, la figure de Port-Royal est réapparue, promue par les quelques jansénistes engagés dans ces combats et récupérée par les libéraux.
• Jean-Paul Clément, Président fondateur de la Nouvelle Société des Études sur la Restauration : « Un journaliste et pamphlétaire ultra : Alphonse Martainville (1777-1830) »
Après la période révolutionnaire, la liberté ne fut pas du goût de tous. Certes, la perte des êtres chers, avec l’élévation d’une chapelle expiatoire à la mémoire des martyrs Louis XVI et Marie-Antoinette, s’exprima-t-elle, mais la presse donna libre cours à de grands accès de violence. S’opposèrent les libéraux, les ultras et les doctrinaires, partisans du juste milieu, au rang desquels se trouvait Royer-Collard.
Sera évoqué dans cette communication un personnage méconnu, à la plume acérée, Alphonse Martainville, qui s’était déjà manifesté, dans le tourbillon révolutionnaire, par des pièces de théâtre contre les jacobins et les fédéralistes. Dans ses commencements, Martainville, né à Cadix, exprima sur la scène du théâtre des opinions politiques déjà très royalistes. Mais il fallut attendre la Restauration, et surtout la seconde Restauration, pour qu’il donne tout son éclat à un style vibrant et virulent, en créant en 1818 le Drapeau blanc, qui flotta sur la vague ultraroyaliste jusqu’en 1830.
Toutefois, un texte pamphlétaire de Martainville, lui aussi méconnu, mérite l’attention : La Bombe royaliste, qui est un véritable brûlot contre toute la classe politique, les modérés compris. Decazes en est la principale cible, mais le duc de Richelieu, qui assuma les fonctions de président du Conseil à deux reprises, subit lui aussi ses assauts, le contraignant à démissionner, se trouvant isolé après l’assassinat du duc de Berry, qui privait la branche aînée de sa souche dynastique.
Ce sont toutes ces péripéties que cette communication a pour but d’exprimer, en commençant par la Révolution, puis en évoquant la première abdication de Napoléon, après laquelle Martainville ne craignit pas de comparer l’Empereur déchu à Charles le Téméraire, et surtout cette grande vague ultraroyaliste dont il devint l’un des maîtres d’orchestre.
2022
XXXIXe séance de travail (samedi 26 novembre 2022)
• Hommage à Georges Poisson
Nous avons à déplorer la disparition de l’un des membres de notre Comité d’honneur, Georges Poisson. Historien émérite, conservateur du Musée de l’Île-de-France au Château de Sceaux à partir de 1948, il y a développé des collections et créé un centre de documentation, un service éducatif, organisant des expositions et des concerts. Par ailleurs, il a mené des missions de réorganisation aux musées de Meudon, Courbevoie, Dourdan, Blaye, etc.
Il fut l’initiateur de la bibliothèque du bibliophile André Desguine, au Département des Hauts-de-Seine. Inspecteur général des Affaires culturelles des Hauts-de-Seine, il entra en 1992 dans le corps des conservateurs généraux du Patrimoine.
Il fut aussi un grand historien. Relevons entre autres Les châteaux d’Île-de-France, le Guide des maisons d’hommes et femmes célèbres, La duchesse de Chevreuse, Maintenon, Napoléon à Paris, etc. Il fut également un brillant conférencier, un collaborateur de nombreuses revues nationales et locales, un enseignant à l’École du Louvre et à la Sorbonne Nouvelle.
Il s’attachait depuis toujours à faire visiter des sites prestigieux ou fonctionnels, endroits pittoresques ou modestement quotidiens, qui ne paient pas de mine mais se révèlent intéressants. Tout devenait alors objet de curiosité, tout offrait quelque chose à raconter. Des édifices, des jardins disparus revivaient, des paysages modifiés ou abîmés se reconstituaient. Georges Poisson était un montreur d’images et un piquant anecdotier.
Décédé en mai 2022, la plume à la main, il a laissé près d’une centaine d’ouvrages.
• Jean-Marc Ticchi, docteur habilité à diriger des recherches en histoire, membre associé du Centre d’études en sciences sociales du religieux (CéSor - EHESS) : « Pie VII, le pape vainqueur de Napoléon ? »
Depuis la parution de la biographie du chanoine Leflon publiée à la fin des années 1950, Pie VII (1742-1823) n’avait pas fait l’objet de travaux de synthèse. La biographie publiée en 2022 par Jean-Marc Ticchi aux éditions Perrin, centrée sur la personne de ce pape, tente de combler ce vide historiographique d’autant plus incompréhensible qu’il est le souverain pontife qui a, le plus longtemps, séjourné en France à l’époque contemporaine.
Rien ne prédestinait ce bénédictin romagnol successivement évêque de Tivoli puis d’Imola et cardinal à occuper la chaire de Pierre. Élu à Venise en 1800 au terme d’un interminable conclave (quatre mois), il gouverna l’Église en contribuant à la reconstitution progressive de l’État pontifical et en rétablissant la situation du catholicisme en France par la signature du concordat de 1801. Mettant un terme à la grande querelle janséniste qui avait parcouru le siècle précédant la Révolution, il tint tête à Napoléon dans un face à face qui le conduisit à une semi détention à Savone (1809-1812) sur laquelle l’ouvrage donne des détails méconnus. À sa libération, en 1814, sa popularité était extrême dans toute l’Europe : il apparaissait comme l’un des seuls souverains à avoir tenu tête à Napoléon. Il inaugura cette dernière partie de son pontificat en rétablissant les Jésuites.
En utilisant les nombreux travaux scientifiques, à la diffusion souvent confidentielle, publiés tant en France qu’en Italie sur la période révolutionnaire et l’Empire au tournant des XXe et XXIe siècles et en se fondant sur des documents originaux, cette biographie tente de donner un portrait fidèle et coloré, inséré dans son époque, d’une personnalité extraordinaire dont les choix conditionnèrent toute l’histoire du catholicisme au XIXe siècle.
• Aymeric Peniguet de Stoutz, Administrateur de la Chapelle expiatoire, de la Colonne de Juillet et du domaine national du Palais-Royal (Centre des Monuments nationaux) : « Les monuments mémoriels de la Restauration »
Si tout monument inscrit le goût d’un temps ou d’un individu dans la durée, le monument mémoriel est spécifiquement destiné à perpétuer le souvenir d’un événement ou d’une personne. Ces édicules connaissent une vogue renouvelée au XVIIIe siècle. L’engouement pour l’Antique à l’âge néoclassique suscite la multiplication de tombeaux, cardiotaphes, cénotaphes dont les formes (pyramides, colonnes, autels, mausolées…) sont inspirées des Anciens.
La Restauration (1814-1815/1830) s’inscrit à la fois dans une fascination romantique pour la célébration des morts et dans la continuité de l’esthétique néoclassique. Elle y ajoute une dimension politique nouvelle : l’expiation, dont la Chapelle expiatoire de Paris (qui sera illustrée au cours de la conférence) est le plus bel exemple. Le monument mémoriel s’impose dans la sphère publique, malgré les promesses « d’union et d’oubli ». La commande royale ou locale projette alors des dizaines de constructions. Si leur contemplation peut offrir une satisfaction esthétique, elle permet plus certainement encore une lecture politique de la Restauration, de ses ambitions, de son histoire et de ses apories.
XXXVIIIe séance de travail (samedi 2 avril 2022)
• Jean-Paul Clément, Président fondateur de la Nouvelle Société des Études sur la Restauration
et Gérard Gengembre, Professeur émérite à l’Université de Caen
Hommage à Flavien Bertran de Balanda, décédé brutalement le 19 janvier 2022
• Jacques-Olivier Boudon, Professeur à l’Université Paris-Sorbonne : « Le maréchal Marmont : d’un Empire à l’autre »
2021
XXXVIIe séance de travail (samedi 4 décembre 2021)
• Jean-Paul Clément, Président fondateur de la Nouvelle Société des Études sur la Restauration : « Le comte de Viénot-Vaublanc (1756-1845) : un économiste partisan du libre-échange, auteur Du commerce de la France en 1820 et 1821 et homme politique opportuniste »
Présentation de la carrière du comte de Vaublanc (1756-1845), ministre d’État de Louis XVIII, député du Calvados, et de son originale brochure publiée chez C.-J. Trouvé en 1822, puissant argumentaire en faveur du commerce maritime.
• Olivier Muth, Conservateur en chef du Patrimoine, chargé du projet préfigurateur des Archives de l’Institut de France : « La prestigieuse École des Chartes, créée en 1821 »
Olivier Muth, archiviste paléographe, conservateur en chef du patrimoine, a soutenu en 2002 sa thèse d’École des Chartes sur la correspondance générale de Louise de Vilmorin. Parallèlement à la publication de plusieurs ouvrages, depuis 2003, il a dispensé des cours sur les archives dans les Universités de Créteil, de Picardie et de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines. En 2020, il a reçu le Prix Sévigné pour son édition de la correspondance croisée de Louise de Vilmorin et Jean Hugo (1935-1954), publiée chez Honoré Champion. Directeur des Archives départementales des Hauts-de-Seine de 2009 à 2020, il a été nommé en 2020 chargé de mission aux Archives nationales, puis, en octobre 2021, chargé du projet préfigurateur des Archives de l’Institut de France.
• Patrick Demouy (*), Historien, ancien professeur à l’Université de Reims Champagne-Ardenne : « Le rétablissement du siège métropolitain de Reims sous la Restauration »
Dans le cadre de la réforme de l’Église carolingienne, l’évêque de Reims Tilpin a reçu en 779 le pallium (écharpe remise par le pape, symbolisant l’union du pape et des évêques), symbole de son autorité métropolitaine sur la province de Belgique seconde. De 816 à 1775, ses successeurs, en souvenir du baptême de Clovis dans leur cathédrale, ont sacré 38 rois (dont 32 à Reims). La réorganisation de l’Église a donné aux révolutionnaires l’occasion de supprimer le siège identifié à la royauté. Après la tourmente, il fallait renouer la chaîne des temps. Le Concordat de 1817 rétablit l’archevêché, mais il fallut attendre 1821 pour qu’accède en tant que cardinal Jean-Baptiste de Latil, qui eut l’honneur de sacrer Charles X, en 1825. Le dernier sacre d’un roi en France !
Patrick Demouy, Professeur des Universités en Histoire médiévale, a enseigné, comme chargé de cours, maître de conférences puis professeur, jusqu’en 2016. Il a consacré une grande partie de sa carrière prestigieuse à la cathédrale de Reims. Il a étudié le monument et son iconographie, les chartes des archevêques des XIe et XIIe siècles (thèse soutenue en 2000 et publiée en 2005 : Les archevêques de Reims et leur Église aux XIe et XIIe siècles, Premier Grand Prix Gobert de l’Académie des Inscriptions et Belles Lettres), et s’est intéressé au sacre du roi, auquel il a consacré une synthèse richement illustrée (Strasbourg, La Nuée Bleue, 2016).
XXXVIe séance de travail (samedi 9 octobre 2021)
• Rémy Hême de Lacotte, Maître de conférences à Sorbonne Université : « De la naissance au baptême du duc de Bordeaux (29 septembre 1820 – 1er mai 1821) : le délicat entretien de la ferveur monarchique »
La naissance du duc de Bordeaux le 29 septembre 1820 a pu apparaître aux yeux des contemporains comme un moment de consensus dans l’histoire de la Restauration : la perpétuation de la dynastie confortait l’assise du régime, nimbé de surcroît de l’aura « miraculeuse » dont était paré l’événement. Le baptême du jeune prince, tenu sept mois plus tard dans Notre-Dame de Paris le 1er mai 1821, ne bénéficiait déjà plus de la même unanimité : l’écho reçu en terre française par la révolution piémontaise du mois de mars précédent et le développement de la Charbonnerie attestaient de l’hostilité persistante de la gauche, tandis que la droite, revenue en force à la Chambre après les élections de novembre 1820, exigeait du second ministère Richelieu une politique de réaction plus marquée. À travers l’organisation de cette cérémonie et des festivités qui l’ont accompagnée dans la capitale et en province, nous chercherons à déterminer la manière dont la monarchie restaurée a cherché à rallumer la ferveur qui avait salué la venue au monde de son héritier. Il s’agira en particulier de voir comment elle a inscrit cette célébration à la fois dans le temps long de la tradition royale et dans un appel à l’union de tous les Français, tout en entretenant un rapport ambigu avec le précédent constitué, neuf années plus tôt, par le baptême du roi de Rome.
• Flavien Bertran de Balanda, Chercheur associé au Centre d’Histoire du XIXe siècle, Sorbonne Université : « Face à la censure. Polémiques, contournements et contre-offensives (avril 1820 – décembre 1821) »
L’assassinat du duc de Berry mit fin à l’expérience Decazes et fit rappeler Richelieu. Le geste de Louvel étant imputé par les ultras à la circulation des « idées libérales », on en appelle à la révision des lois de Serre et au durcissement de la surveillance de la presse et de la répression de ses délits. Le second ministère du noble duc est ainsi marqué par le rétablissement de la censure, qui se montre impitoyable. Le monde de la librairie ne s’avoue cependant pas vaincu : dans les galeries de bois alentour du Palais Royal, chez les publicistes, éditeurs et imprimeurs libéraux, des stratégies s’organisent pour contourner le dispositif, le dénoncer, le moquer.
• Jean-Pierre Chaline, Professeur émérite à Sorbonne Université : « Quand la Restauration découvrait le Patrimoine »
Si quelques voix s’étaient élevées, sous la Révolution, pour dénoncer le « vandalisme » ou pour abriter dans un musée quelques vestiges remarquables de l’ancien temps, c’est avant tout sous la Restauration que s’impose la notion de patrimoine. Non sans une vision politique, mais surtout avec une redécouverte de l’héritage médiéval, qu’illustrent tant les sociétés savantes d’« antiquaires » que la publication des Voyages pittoresques et romantiques de Taylor et Nodier. Dans ces deux cas, la Normandie est au premier plan, par ses érudits et par l’attrait touristique de ses monuments.
2020
XXXVe séance de travail (samedi 10 octobre 2020)
• Flavien Bertran de Balanda, chercheur au Centre d’Histoire du XIXe siècle (Sorbonne Université) : « Benjamin Constant, penseur du libéralisme sous la Seconde Restauration »
On étudie généralement le Constant de la Restauration dans son rôle politique de chef de file des Indépendants, son activité parlementaire et ses discours, restés fameux pour certains, prononcés à la Chambre. Le versant proprement intellectuel de sa doctrine ainsi que sa reformulation et son éventuelle évolution ont été en revanche moins étudiés : cette communication se proposera précisément d’interroger ces aspects, à partir des écrits de 1815 à 1819, soit avant l’entrée de Constant dans la vie politique.
• Jean-Charles Geslot, maître de conférences en Histoire contemporaine à l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines : « Histoire et historiens dans les années 1820 : un tournant ? »
Les années 1820 sont habituellement considérées comme une émergence de l’histoire dite « romantique ou libérale », qui annonce le profond renouvellement des éditoriaux et notamment la vague des Histoires de France. C’est aussi le moment où s’affirme l’intérêt pour l’histoire contemporaine, c’est-à-dire la Révolution et l’Empire.
• Jacques Montrozier, ancien conservateur en chef du Département de la Bibliothèque municipale de Lyon : « Sébastien Falquet de Planta sous la Restauration : de l’ultracisme au libéralisme »
Il sera question particulièrement de l’affaire Didier, cette conspiration libérale sévèrement réprimée à Grenoble en 1816 – Falquet de Planta était alors prévôt –, ainsi que du développement de l’Isère avec Falquet de Planta.
2019
XXXIVe séance de travail (samedi 23 novembre 2019)
• Antoine Roquette : « Du rôle diplomatique, guerrier et déterminant de la France dans l’indépendance de la Grèce (1821-1830) »
La guerre d’indépendance de la Grèce a occupé longuement la diplomatie et l’opinion française de la Restauration. La monarchie française est alliée de Constantinople depuis François Ier tandis que la Grèce n’a pas d’existence propre dans l’Empire ottoman depuis près de quatre siècles. Cependant les idées des Lumières et de la Révolution française parviennent jusque sur les bords de la mer Égée et une insurrection nationaliste et religieuse éclate en 1821 en ne suscitant qu’une attention discrète des cabinets européens. Toutefois les horreurs de la répression soulèvent une grande émotion dans l’opinion française qui finit par convaincre le gouvernement d’intervenir. La marine et l’armée sont alors envoyées et elles joueront un rôle très significatif.
Antoine Roquette, après avoir exercé son activité professionnelle dans le secteur privé, financier et maritime, se consacre depuis plusieurs années à l’étude de la Restauration. Il a publié une biographie de Mgr Frayssinous chez Honoré Champion, une étude sur le Concordat de 1817 ainsi qu’une relation de l’expédition d’Espagne, toutes deux aux Éditions du Félin. Il termine actuellement un opus sur le rôle de la France dans l’indépendance de la Grèce.
• Jean Laspougeas : « L’introduction de l’histoire et de la géographie dans les manuels des lycées en 1818 »
C’est en 1818-1820, sous le règne de Louis XVIII, que furent élaborés et publiés les premiers programmes d’histoire et de géographie pour les collèges, avec, à leur suite, la rédaction et l’impression des premiers manuels destinés aux élèves. Depuis deux cents ans, histoire et géographie ne sont plus sorties des programmes de l’enseignement secondaire et les manuels se sont multipliés et métamorphosés.
À quoi répondaient ces initiatives de 1818-1820 ? Quels en furent les auteurs, les agents ? Quelles en furent les conséquences prochaines et lointaines ? Autant de questions à examiner pour un bicentenaire peu connu.
Jean Laspougeas, agrégé d’histoire, assistant d’histoire militaire à l’École supérieure de guerre de Paris, professeur de Lettres supérieures, assure le cours d’histoire de France sous la Restauration pour le département inter âges de l’Université de Caen. Il est président d’honneur de la Régionale de Caen de l’Association des professeurs d’histoire et de géographie, membre fondateur de l’Association française d’histoire religieuse et contemporaine et membre de l’Académie des sciences, arts et belles-lettres de Caen.
• Laurent de Commines : « Le goût de la Restauration »
• Laurent de Commines : « Le goût de la Restauration »
Dessinateur décorateur ornemaniste, formé à l’École du Louvre et à l’École Camondo, Laurent de Commines appartient à cette génération qui, lassée d’une modernité fade, redécouvre la force imaginative du XIXe siècle dans les années 1980. Les dessins d’architectes, les décors de théâtre et d’opéra, les vues intérieures surtout nourrissent sa culture visuelle. En 1991, le département des objets d’art du Louvre lui commande l’affiche et la scénographie de l’exposition « Un âge d’or des arts décoratifs 1814-1848 » au Grand Palais.
Le chant du cygne coloré du néo-classicisme, les rêveries du goût troubadour, la préciosité ornementale des années 1810-1820 sont des domaines qu’il explore dans les années suivantes pour dessiner des tissus d’ameublement, des meubles, des porcelaines, des papiers peints… L’ambiance nocturne et soignée qui caractérise ses caprices sur papier puise dans le romantisme européen, le retour d’Italie, l’univers de Percier, Garneray et Duban.
Laurent de Commines prépare pour fin 2020 une exposition sur l’imaginaire des ateliers d’artistes à la galerie Nouvelle Athènes, rue Chaptal.
XXXIIIe séance de travail (samedi 4 mai 2019)
• Flavien Bertran de Balanda, docteur en histoire et chercheur associé au Centre d’Histoire du XIXe siècle (Université Paris-Sorbonne) : « Heurs et malheurs du comte de Villèle. De la guerre pamphlétaire à la crise ministérielle »
Le ministère Villèle n’est-il mort que d’une coalition unissant royalistes déçus et libéraux en mal d’une revanche sur la « Chambre retrouvée » ? La question est plus complexe qu’il n’y paraît, montrant une tentative de gouvernance originale ayant su ménager les impatiences de la majorité comme les souhaits du roi. Sa chute ne procède pas de cette situation d’entre-deux ni d’une série de maladresses, ainsi qu’on a pu l’en accabler ; elle relève d’un faisceau de facteurs plus complexes, sur lesquels les recherches récentes jettent un jour nouveau.
• Jean-Charles Geslot, maître de conférences à l’Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines : « Le moment Martignac dans les politiques culturelles de la Restauration »
Parce qu’il fut ministre de l’Intérieur, Martignac avait dans ses attributions la direction des Beaux-Arts, et donc la politique artistique de l’État. Au-delà de l’action de mécénat, sa législation sur la presse, le rétablissement des cours d’histoire de la Sorbonne, les mesures novatrices de Vatimesnil, forment un ensemble de mesures de son gouvernement dans le domaine culturel, dans la continuité des grandes initiatives prises depuis 1814. Elles viennent donc concourir au bilan de quinze ans de politique culturelle de la Restauration.
• Georges Poisson, Conservateur général honoraire du Patrimoine : « Le sort d’un tableau de David »
C’est une histoire qui commence sous la Révolution et s’interrompt sous la Restauration. Le Peletier de Saint-Fargeau, aristocrate acquis aux idées révolutionnaires, fut assassiné le jour du procès du roi, et David peignit à sa mémoire un des plus beaux tableaux de son œuvre, connu par un dessin de l’époque. Sous la Restauration, la fille de Le Peletier récupéra le tableau, jurant de ne jamais le détruire, et l’emporta à Saint-Fargeau, où il n’a jamais été trouvé. Mais subsiste une hypothèse.
2018
XXXIIe séance de travail (samedi 17 novembre 2018)
• Flavien Bertran de Balanda, chargé de mission au Centre d’Histoire du XIXe Siècle (Université Paris-Sorbonne) : « De Villèle à Martignac, de la censure à la césure : la question de la liberté de la presse ou la fin d’un règne ministériel (1827) »
La chute du ministère Villèle a donné lieu à des interprétations variées : enchaînement de maladresses ou simple malchance, fin logique d’une stratégie politique de ménagement du roi comme des ultras ne pouvant satisfaire ni celui-ci ni ceux-là, double effet des divisions du camp royaliste et de l’opposition libérale, hostilité grandissante de l’opinion…
Sans prétendre trancher entre ces thèses dont chacune a sa pertinence, la fin du système villéliste, et à travers lui de tout un mode de gouvernance qui avait dominé le règne de Charles X, mériterait d’être interrogée à la lumière de ce faisceau d’éléments qui, du printemps à l’automne 1827, semble se resserrer pour en sceller le sort. Parmi eux, les débats autour du projet de loi Peyronnet et le rétablissement de la censure par ordonnance royale le 24 juin agissent comme de véritables catalyseurs cristallisant et exaspérant ces tensions ; à cet effet, le riche corpus de rognures, brochures et autres libelles fleurissant à l’époque forme un matériau aussi précieux que peu étudié.
Plus largement, la question de la liberté de la presse, qui sature littéralement les quinze années de la Restauration, peut être relue en ce moment climatique et révélateur comme un acteur majeur du drame dont l’ultime scène se jouerait avec l’abdication du dernier Bourbon.
• Jean-Pierre Chaline, professeur émérite à l’Université de Rouen : « Une alternance politique sous Charles X ? Le ministère Martignac (1828-1829) »
Martignac est le moins étudié des hommes de gouvernement de la Restauration, son bref ministère étant éclipsé par celui de Polignac qui déclencha la révolution de Juillet. Pourtant, l’homme est intéressant et son ministère, en rupture avec la ligne ultra, montre qu’une certaine alternance n’était pas impossible sous le règne de Charles X. La thèse récente de Fabrice Boyer nous fait découvrir cet avocat talentueux aux idées modérées, éveillant quelque sympathie à gauche mais en même temps bien vu du duc d’Angoulême qu’il avait accompagné pendant l’expédition d’Espagne. Non pas un opposant, donc, mais un homme de centre-droit qui, au pouvoir, va tenter de libéraliser un peu le régime et peut-être par-là de le sauver, son échec amorçant un processus fatal à la monarchie des Bourbons.
• Jacques Bernot, ancien haut fonctionnaire du Sénat et historien : « Le comte Roy »
• Jacques Bernot, ancien haut fonctionnaire du Sénat et historien : « Le comte Roy »
Antoine Roy (1764-1847) est un véritable personnage de roman balzacien. Né près de Langres dans une famille de la bourgeoisie provinciale, il monte à Paris et devient avocat à la veille de la Révolution. Royaliste de conviction, il défend notamment les veuves des fermiers généraux et les meneurs des émeutes de Vendémiaire. Enrichi par d’habiles spéculations sur les biens d’émigrés, il investit dans la métallurgie où il acquiert une très importante fortune. Parlementaire à partir de 1815, rival du baron Louis, il devient trois fois ministre des Finances. Fait comte par Louis XVIII, il demeure l’un des fondateurs du droit budgétaire moderne.
XXXIe séance de travail (vendredi 16 mars 2018)
Le débat France-Angleterre sous la Restauration
• Francis Démier, Professeur d’Histoire contemporaine à l’Université Paris X Nanterre : « L’Angleterre des « intérêts » économiques : un modèle et une menace »
• Jean-Pierre Chaline, Professeur à l’Université Paris-Sorbonne : « Le modèle britannique, mythe et réalités »
Héritier lointain des Lettres anglaises de Voltaire, tout un courant de pensée, en France, notamment autour de Guizot, tend à idéaliser le régime britannique. Pourtant, le système électoral d’outre-Manche, les monarques eux-mêmes et l’état de la société méritent-ils une telle admiration ?
• Jean-Paul Clément, Président de la Nouvelle Société des Études sur la Restauration : « Les Lettres sur l’Angleterre (1825) d’Auguste de Staël-Holstein »
Jamais rééditées depuis leur parution en 1825, ces Lettres – capitales pour leur intérêt – sont le fruit d’un voyage que le fils de Mme de Staël fit en 1822 avec Victor de Broglie. Anglophile, tout comme le Groupe de Coppet, certes, Auguste fait preuve de pragmatisme, ne se contente pas d’« axiomes » mais étudie avec pénétration le mode de gouvernement, les révolutions de France et d’Angleterre, la division des propriétés et leur influence sur les institutions, les aspects sociaux, etc. Il se livre à une analyse comparée avec le « modèle français » d’une rare perspicacité.
• Jean-Pierre Chaline, Professeur à l’Université Paris-Sorbonne : « Le modèle britannique, mythe et réalités »
Héritier lointain des Lettres anglaises de Voltaire, tout un courant de pensée, en France, notamment autour de Guizot, tend à idéaliser le régime britannique. Pourtant, le système électoral d’outre-Manche, les monarques eux-mêmes et l’état de la société méritent-ils une telle admiration ?
• Jean-Paul Clément, Président de la Nouvelle Société des Études sur la Restauration : « Les Lettres sur l’Angleterre (1825) d’Auguste de Staël-Holstein »
Jamais rééditées depuis leur parution en 1825, ces Lettres – capitales pour leur intérêt – sont le fruit d’un voyage que le fils de Mme de Staël fit en 1822 avec Victor de Broglie. Anglophile, tout comme le Groupe de Coppet, certes, Auguste fait preuve de pragmatisme, ne se contente pas d’« axiomes » mais étudie avec pénétration le mode de gouvernement, les révolutions de France et d’Angleterre, la division des propriétés et leur influence sur les institutions, les aspects sociaux, etc. Il se livre à une analyse comparée avec le « modèle français » d’une rare perspicacité.
2017
XXXe séance de travail (samedi 21 octobre 2017)
• Jean-Paul Clément, Correspondant de l’Institut, Président de la Nouvelle Société des Études sur la Restauration : « Un scandale sous la Première Restauration : la mort de la comédienne Mlle Raucourt (1815) »
• Anne Jusseaume, Docteur en histoire, Chercheuse associée au Centre d’Histoire de Sciences Po (CHSP) : « Des sœurs de charité au cœur de Paris : l’essor des communautés religieuses féminines hospitalières sous la Restauration »
• Nadine-Josette Chaline, Professeur émérite à l’Université de Picardie-Jules Verne (Amiens) : « Un prélat grand seigneur de la Restauration, le cardinal de Croÿ, archevêque de Rouen »
XXIXe séance de travail (samedi 29 avril 2017)
• Francis Démier, Professeur d’Histoire contemporaine à l’Université Paris X Nanterre : « La dette de la France sous la Restauration »
• Elena Musiani, Chargée de recherche à l’Université de Bologne : « Les États pontificaux après le rétablissement de Pie VII »
• Laurent Stéfanini, Ambassadeur, délégué permanent de la France auprès de l’UNESCO : « Mémoire de Fontanes (1814), ancien Grand Maître de l’Université Impériale, annonçant son ralliement à Louis XVIII, lors de la première Restauration » (*)
(*) La communication de M. Laurent Stéfanini sera lue par M. Jean-Paul Clément
2016
XXVIIIe séance de travail (samedi 19 novembre 2016)
• Jean-Paul Clément, Président fondateur de la Nouvelle Société des Études sur la Restauration : « La Suisse en 1816 »
• Flavien Bertran de Balanda, Docteur en Histoire : « La dissolution de la Chambre « introuvable » vue par Bonald »
• Bernard Rigaux, Agrégé de philosophie et Membre titulaire de l’Académie de Mâcon : « Lamartine en 1816 »
• Bernard Rigaux, Agrégé de philosophie et Membre titulaire de l’Académie de Mâcon : « Lamartine en 1816 »
XXVIIe séance de travail (vendredi 7 octobre 2016)
Journée colloque : La France dans l'Europe de 1816 : régime constitutionnel ou réaction ?
Sous le patronage de la Nouvelle Société des Études sur la Restauration et du Centre de recherches en histoire du XIXe siècle
Programme
• Introduction par Jean-Paul Clément, Président de la NSER, Institut d’Études Politiques de Paris, Membre correspondant de l’Institut de France
• Noëlle Dauphin (Université d’Orléans) : « La dissolution de la Chambre introuvable »
• Jean-Paul Clément (Président de la NSER, Institut d’Études Politiques de Paris, Membre correspondant de l’Institut de France) : « Chateaubriand et La Monarchie selon la Charte »
• Jacques-Olivier Boudon (Université de Paris-Sorbonne) : « 2 juillet 1816 : naufrage de la Méduse et tempête sur la monarchie »
• Rémy Hême de Lacotte (docteur en Histoire) : « 1816, coup d’arrêt à la restauration religieuse en France »
• Olivier Chaline (Université de Paris-Sorbonne) : « L’Autriche de Metternich, gendarme de l’Europe ? »
• Marie-Pierre Rey (Université Panthéon-Sorbonne) : « Le duc de Richelieu, du service du tsar au gouvernement de la France »
• Jean-Philippe Luis (Université de Clermont-Ferrand) : « L’Espagne de Ferdinand VII. Des lendemains qui déchantent. »
• Conclusion par Jean-Pierre Chaline (Université de Paris-Sorbonne) : « La France dans l’Europe de 1816 : quel statut véritable ? »
XXVIe séance de travail (samedi 9 avril 2016)
• Jean-Paul Clément, Président fondateur de la Nouvelle Société des Études sur la Restauration : Présentation de sa biographie de Charles X (Paris, Perrin, 2015)
• Frédéric Robert, Musicologue : « La musique française à l’époque de Charles X »
Communication commentée et illustrée par des extraits choisis par le grand musicologue.
À l’issue de cette communication, vous pourrez vous entretenir avec les meilleurs spécialistes de la musique du XIXe siècle invités.
• Aymeric Peniguet de Stoutz, Conservateur en chef de la Chapelle expiatoire de Paris : « L’art monumental à l’époque de la Restauration »
Communication commentée et illustrée par des extraits choisis par le grand musicologue.
À l’issue de cette communication, vous pourrez vous entretenir avec les meilleurs spécialistes de la musique du XIXe siècle invités.
• Aymeric Peniguet de Stoutz, Conservateur en chef de la Chapelle expiatoire de Paris : « L’art monumental à l’époque de la Restauration »
Communication consacrée aux monuments funéraires (projets, réalisations) que la Restauration a érigés en souvenir des « martyrs » de la Révolution.
2015
XXVe séance de travail (samedi 24 octobre 2015)
• Antoine Roquette, Historien de la Restauration : « La Société de Géographie »
La Société de Géographie de Paris, fondée en 1821, fut la première société au monde consacrée exclusivement à l’approfondissement de la connaissance de notre planète dans ses composantes physiques, humaines et scientifiques. Héritière directe du bouillonnant mouvement des Lumières et des spécificités propres à la France dans les domaines de l’astronomie, des mathématiques, de l’égyptologie, de la marine, s’appuyant sur des hommes compétents, souvent d’un courage indéniable, elle constitue un pôle d’attraction et un exemple pour les scientifiques du monde entier et fait rapidement des émules. Ouverte à toutes les sensibilités politiques et religieuses, la Société de Géographie est un bel exemple d’une forme d’universalisme à laquelle tend volontiers la pensée française, mettant à mal, au passage, la piètre réputation des institutions intellectuelles de la Restauration. Le développement des nationalismes au XIXe siecle lui donnera un caractère plus utilitariste par la suite. • Bernard Rigaux, Agrégé de philosophie et Membre titulaire de l’Académie de Mâcon : « Les causes de la chute des Bourbons en 1830 selon Lamartine »
Lamartine est l’auteur d’une belle Histoire de la Restauration, livre méconnu aujourd’hui. L’une des questions le plus souvent abordées dans ce récit est celle des causes de la Révolution de 1830, événement que Lamartine a ressenti avec une profonde douleur. Dans ces causes une part revient, selon l’auteur, à la fatalité ou au hasard et aux circonstances. L’autre part est constituée par les erreurs des Bourbons, dès le règne de Louis XVIII, mais plus encore sous celui de Charles X. Lamartine ne cache pas des hésitations et des contradictions qui sont le signe d’une réflexion intense parce que tourmentée. Si « philosopher, c’est expliquer le clair par l’obscur » (Lagneau), l’on peut dire que Lamartine philosophe sur cette question, allant jusqu’à entrevoir le rôle des Cent-Jours dans ce qui reste pour lui une blessure : celle du divorce entre la France et les Bourbons. • Georges Poisson, Conservateur général honoraire du Patrimoine : « L’Académie française sous la Restauration » |
XXIVe séance de travail (samedi 11 avril 2015)
LA GRANDE PROPRIÉTÉ FONCIÈRE SOUS LA RESTAURATION
• Francis Démier, Professeur à l’Université de Paris Ouest : « La grande propriété aristocratique sous la Restauration : modernisation ou nostalgie du passé »
Affecté plus qu’ailleurs en Europe par les événements révolutionnaires, le patrimoine foncier de l’aristocratie française reste le plus important dans la France de la Restauration. La période connaît cependant des évolutions complexes : tentative de reconstruction de patrimoines affectés par l’émigration, modernisations remarquables sur le modèle de « l’Angleterre verte », découragement face à la chute de la rente au tournant des années 1820, mélange d’espoir et de nostalgie face à la politique menée sous Villèle en faveur des grands patrimoines... • Elena Musiani, Chargée de recherche à l’Université de Bologne : « Les Pizzardi de Bologne : la construction d’un grand patrimoine foncier aristocratique, de l’occupation napoléonienne au Risorgimento »
La famille Pizzardi, encore des fermiers à la fin du XVIIIe siècle, est parvenue à construire un des plus importants patrimoines fonciers de la plaine du Pô. Ce patrimoine a été constitué d’abord grâce aux spéculations de fournisseurs des armées napoléoniennes et à l’achat de biens nationaux. La famille a été anoblie au moment de la restauration des États du pape et est devenue une puissante famille possédant en ville un palais et un grand nombre de biens immobiliers. Des Pizzardi se lancèrent ensuite dans l’industrialisation et le soutien au Risorgimento. • Martine Cocaud, Maître de conférences à l’Université de Rennes : « Entre tradition et modernité : la gestion des domaines par les « nobles-agronomes » bretons (premier XIXe siècle) » Analyser dans le détail les comptes d’exploitation de certains domaines nobles dans la première moitié du XIXe siècle met en évidence la stratégie des propriétaires qui veulent entretenir mais aussi faire fructifier le capital foncier. Ils poussent – parfois par la contrainte mais aussi par le soutien financier – leurs métayers vers la modernisation des exploitations. • Jean-Pierre Chaline, Professeur à l’Université de Paris-Sorbonne : « La propriété aristocratique en Haute-Normandie sous la Restauration » Deux sources documentaires permettent de connaître globalement la propriété foncière de l’aristocratie : les matrices cadastrales qui, dans chaque commune, donnent les superficies et leurs propriétaires ; les listes électorales censitaires qui, elles, indiquent l’impôt foncier et sa localisation. On découvre ainsi que, malgré les confiscations révolutionnaires et l’achat de biens d’émigrés par de riches bourgeois, la noblesse - locale ou parisienne - a pu conserver, ou reconstituer, de très vastes domaines. Reste à voir comment elle y est parvenue. Réunion à 15 heures, précédée de l'Assemblée générale (14h30)
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2014
XXIIIe séance de travail (8 novembre 2014)
Jean de Bonald : « Bonald "in situ", dans sa famille et dans ses terres »
Bernard Callebat, Professeur à la Faculté de droit canonique, directeur de l’École Doctorale / ICT et du Centre d’Étude et d’Histoire du Droit Canonique (Toulouse) : « Les catholiques anticoncordataires sous la Restauration d’après les Archives secrètes du Vatican » Florence Mothe, historienne et journaliste : « Sous la Restauration, faux Frères et vrais Maçons » |
XXIIe séance de travail (5 avril 2014)
Francis Démier, Professeur à l’Université Paris X : « Portrait de Villèle »
Emmanuel Larroche, Maître de Conférences à l’Institut d’Études Politiques de Paris : « La guerre d’Espagne de 1823 à 1824, relations entre le comte d’Artois et son fils, le duc d’Angoulême, généralissime des armées françaises » Antoine Roquette : « Louis Becquey ou le pragmatique de l’action d’après des sources inédites » |
2013
XXIe séance de travail (23 novembre 2013)
Jean-Pierre Chaline, Professeur d’Histoire Contemporaine à l’Université de Paris-Sorbonne : « Les assiettes historiées »
Georges Poisson, Conservateur général honoraire du Patrimoine : « Un Saint-Simon inconnu : le général Henri-Victor de Saint-Simon, révélateur des Mémoires sous la Restauration » Olivier Tort, Maître de conférences en histoire contemporaine à l’Université d’Artois : « Les origines de la droite française » |
XXe séance de travail (27 avril 2013)
« DE GAUCHE ET DE DROITE... ET DU CENTRE »
Philippe Pichot Bravard, Docteur en Droit : « Louis de Kergorlay et l’ultracisme » Jean-Paul Clément, Président : « Royer-Collard et les doctrinaires » François-Louis Voyer d’Argenson : « Un démocrate en monarchie : Marie-René Voyer d’Argenson, le marquis rouge » |
2012
XIXe séance de travail (24 novembre 2012)
« Benjamin Constant et la Restauration »
Léonard BURNAND, Directeur de l’Institut Benjamin Constant, Université de Lausanne : « L’anti-Bonald : Benjamin Constant défenseur des Considérations sur la Révolution française de Madame de Staël » Kurt KLOOCKE, Professeur honoraire de littérature française à l’Université de Tübingen : « Le Commentaire sur l’ouvrage de Filangieri : un programme politique » Frédéric JAUNIN, Doctorant à l’Institut Benjamin Constant, Université de Lausanne : « La renommée au bénéfice des premiers succès politiques de Benjamin Constant » À l'occasion de ce colloque, nous avons eu le plaisir d’accueillir nos amis suisses de l’Institut Benjamin Constant de Lausanne, qui nous feront part des dernières recherches, découvertes, publications de l’Institut et de son Association, que préside M. Burnand, qui a accepté d’enthousiasme de venir à la Fondation Dosne-Thiers. À l’issue de la séance, M. Laurent Stéfanini, Chef du protocole à la Présidence de la République et Membre de la Société Chateaubriand, a remis à M. Clément les insignes de Chevalier des Palmes académiques.
Le colloque a été suivi d'un déjeuner dans un restaurant tout proche, afin de prolonger les conversations avec nos invités et l’administratrice de la Fondation, Mme Sandrine Arnold-Folpini, qui nous a fait l’honneur d’être parmi nous.
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XVIIIe séance de travail (5 mai 2012)
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« LES DÉBATS PARLEMENTAIRES »
Flavien Bertran de Balanda, Chargé de cours à l’Université de Paris IV-Sorbonne : « Bonald parlementaire » Jean-Paul Clément, Président de la Nouvelle Société des Études sur la Restauration : « La proposition de Clausel de Coussergues tendant à la mise en accusation de Decazes »
Jean-Pierre Chaline, Professeur à l’Université Paris-Sorbonne : « Le régime du scrutin censitaire et ses conséquences »
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2011
XVIIe séance de travail (26 novembre 2011)
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« LA FRANCE ET L’ITALIE »
Rémy Hême de Lacotte, Ancien élève de l’ENS Lettres, agrégé d’histoire, ATER à Paris-Sorbonne : « L’ambassade romaine de Casimir de Blacas vue par la curie : un diplomate entre le pape, le roi de France et l’Église gallicane (1816-1822) » Antoine Roquette, Chercheur : « Le Concordat de 1817 : causes et conséquences »
Débat animé par Jean-Paul Clément
Laurent Stéfanini, Ambassadeur, Chef du Protocole et Secrétaire général de la présidence française du G20 et du G8 : « La grande Nation et l’éphémère duché : la France et Lucques sous les Bourbons de 1815 à 1830 »
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Réunion précédée de l''Assemblée générale annuelle (à 14 h 30)
XVIe séance de travail (12 février 2011)
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Carte blanche à Frédéric Robert
La musique à l'époque de la Restauration
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2010
XVe séance de travail (4 novembre 2010)
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Présidence de la séance : M. Yves-Marie Bercé, membre de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres
Dr Françoise Lautier : « Voyage d’Italie fait dans l’été de 1828 par Pierre-Maurice Bénard, peintre et graveur à Paris (1759-1847), avec les moyens de l’époque, à pied, à cheval, ou en voiture... et même en bateau »
Jean-Philippe Luis, Professeur d’histoire contemporaine à l’Université Blaise Pascal de Clermont-Ferrand : « Faire fortune dans le Paris de la Restauration : Alexandre Marie Aguado »
Yves-Marie Bercé, membre de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres : « Louis XVII »
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XIVe séance de travail (17 avril 2010)
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Colonel Henri Ortholan : « L’armée sous la Restauration »
Michel Moineau, ancien rédacteur en chef adjoint d’Europe 1, officier de réserve honoraire : « Pajol ou la reconversion d’un général de l’Empire sous la Restauration »
Flavien Bertran de Balanda, Professeur d’Histoire et doctorant à l’Université de Paris IV-Sorbonne : « Bonald publiciste de la Restauration »
Dr Antoine Denis : « Barante, préfet de la Loire Inférieure à l’époque de la première Restauration »
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2009
XIIIe séance de travail (29 novembre 2009)
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Georges Poisson, Conservateur général du Patrimoine : « Le comte de Chambord »
Alexis Schweitzer, ancien Professeur de collège : « Comparaisons et différences entre la Chambre d’août 1815 et celle de septembre 1816 »
Corinne Legoy, Maître de conférences à l’Université d’Orléans : « L’enthousiasme désenchanté. Éloge du Prince sous la Restauration »
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XIIe séance de travail (4 avril 2009)
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Philippe Lamarque, spécialiste en héraldique : « L’œuvre héraldique du Conseil du Sceau des titres sous le Premier Empire »
Emmanuel Fureix, Maître de conférences à l’Université Paris XII : « Deuils et conflits politiques sous la Restauration »
Claude-Alain Sarre, historien : « Louise de Condé »
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2008
XIe séance de travail (22 novembre 2008)
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Antoine Roquette, chercheur : « Mgr Frayssinous et la rénovation de l’Église de France au XIXe siècle »
Michel Mercier, Professeur honoraire à l’Université de Nantes : « Religion et politique de Madame de Krüdener »
Abbé Christian-Philippe Chanut : « Trois évêques déçus de la Restauration : le cardinal de Clermont-Tonnerre, Mgr de Poulpiquet et Mgr Tharin »
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Xe séance de travail (5 avril 2008)
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Jean-Pierre Chaline, Professeur à l’Université de Paris-Sorbonne : « La Restauration : un regard d’historien »
Alexis Schweitzer, ancien Professeur de collège : « Aperçu sur les élections à la Chambre des députés des Cent-Jours »
Gérald de Bourmont, écrivain, descendant du maréchal de Bourmont : « Nouveaux éclairages sur le comte de Bourmont (1773-1846) »
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2007
IXe séance de travail (10 novembre 2007)
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Pierre Glaudes, Professeur de littérature française à l’Université de Paris IV-Paris Sorbonne, « Joseph de Maistre et Louis de Bonald : la pensée contre-révolutionnaire entre unisson et dissonance »
Jean de Bonald, « Propos sur Louis de Bonald »
Rémy Hême de Lacotte, Agrégé d’Histoire, ancien élève de l’ENS Lettres, « “ Le meilleur préfet de France ” ? Ressorts et modèles de la carrière contrastée d’Albert de Lezay-Marnésia, préfet de la Restauration »
Georges Poisson, Conservateur général du Patrimoine, « Architecture et décors des édifices parisiens (1814-1830) »
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VIIIe séance de travail (28 avril 2007)
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Rémy Hême de Lacotte, Agrégé d’Histoire, ancien élève de l’ENS Lettres, « Relever une statue, restaurer la monarchie : acteurs, cérémonies et enjeux de l’érection de la nouvelle statue de Louis XIV place Bellecour à Lyon (1818-1827) »
Pierre Triomphe, Docteur en Histoire, « La justice de la Restauration face à la Terreur blanche gardoise »
Jean Barbey, Professeur agrégé des Facultés de Droit, Secrétaire général de la Nouvelle Société des Études sur la Restauration, « Effervescence à la Faculté de Droit de Paris : l’affaire Delvincourt-Bavoux » |
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2006
VIIe séance de travail (25 novembre 2006)
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Noëlle Dauphin, Maître de conférences d’Histoire contemporaine à l’Université d’Orléans : « Une Chambre introuvable : vraie ou fausse surprise ? »
Jean-Paul Clément, Membre correspondant de l’Institut, Directeur de la Maison de Chateaubriand, Président de la Nouvelle Société des Études sur la Restauration : « Esquisse d’un portrait moral et politique de Charles X »
Georges Poisson, Conservateur général du Patrimoine : « La girafe de Charles X »
Margot Bruyère, écrivain : « Laennec, de l’oubli à la Restauration »
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VIe séance de travail (1er avril 2006)
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Jean-François Boudet, Docteur en Droit public, Attaché temporaire d’enseignement et de recherche (ATER) à l’Université de Cergy Pontoise : « Foi publique et Caisse des dépôts et consignations au tournant du XIXe siècle »
Professeur Maria Sofia Corciulo, Professeur d’Histoire des Institutions politiques à la Faculté des Sciences politiques de l’Université « La Sapienza » de Rome : « La Chambre introuvable et les principes du régime parlementaire (août 1815 - septembre 1816) » Catherine Martin, Docteur en Histoire de l’Art, chargée de cours à l’Université Bordeaux III : « La figure de la duchesse d’Angoulême (1778-1851) dans la peinture d’Histoire ou le développement de la “ mythologie ” légitimiste créée autour de son personnage dans la peinture, de l’émigration à la révolution de 1830 »
Prince Christian de Polignac : « Le prince Jules de Polignac et le dernier ministère de la Restauration »
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2005
Ve séance de travail (26 novembre 2005)
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« Les crises ministérielles vues par les historiens de la Restauration »
Jean-Paul Clément : Introduction du colloque
Pascal Simonetti, Historien : « La chute de Decazes, vue par Louis de Viel-Castel »
Bernard Degout, Directeur adjoint de la Maison de Chateaubriand : « La chute du second ministère Richelieu vue par Prosper Duvergier de Hauranne »
Guy Berger, Président de chambre honoraire à la Cour des comptes : « La chute du gouvernement Villèle vue par Alfred Nettement »
Jean-Paul Clément : « La chute de Martignac, vue par Achille de Vaulabelle »
Jean-Paul Clément : Conclusion du colloque
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2004
IVe séance de travail (27 novembre 2004)
« La Magistrature sous la Restauration »Jean-Paul Clément : « La justice sous la Restauration »
Jean Barbey, Professeur agrégé des Facultés de Droit : « Le monde de la magistrature en 1815 : le “ moment ” Restauration »
Hervé Robert, Vice-procureur de la République au parquet de Paris : « Le procureur général Nicolas-François Bellart et la carrière judiciaire dans le ressort de la Cour royale de Paris sous la Restauration »
Olivier Tort, ancien élève de l’École Normale Supérieure : « La droite royaliste et la magistrature sous la Restauration »
Guillaume Mickeler, Maître de conférences à Paris – Saint-Maur (Paris XII) : « La loi du 25 juin 1824, une tentative de réforme du droit criminel »
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2003
IIIe séance de travail (29 novembre 2003)
« La Charte de 1814 »Jean-Paul Clément : « La Charte de 1814 : Charte ou constitution ? »
Jean-Pierre Machelon, Directeur d’Études à l’École Pratique des Hautes Études : « La place de la Charte de 1814 dans l’évolution constitutionnelle de la France moderne »
Jean-Miguel Pire : « La Charte de 1814 selon Royer-Collard et Guizot. Une expression du positivisme dans l’ordre constitutionnel français »
Guy Berger, Président de chambre à la Cour des comptes : « La Charte de 1814 et les historiens de la Restauration du XIXe siècle »
Isabelle Dasque : « La Charte de 1814 et la conduite de la politique étrangère sous la Restauration »
Gilles Miller, Premier Commissaire du Gouvernement auprès de la Chambre régionale des Comptes d’Ile-de-France : « La Charte constitutionnelle de 1814 et la naissance d’un système moderne de finances publiques »
Hervé Robert, Vice-procureur de la République au parquet de Paris : « La Charte de 1814 à l’épreuve de 1830 »
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2002
IIe séance de travail (26 octobre 2002)
« Personnalités marquantes de l’époque de la Restauration »Émeline Wirty, Chargée de mission à la Grande Chancellerie de la Légion d’honneur : « Auguste de Forbin, Directeur des Musées royaux »
Antoine Roquette : « Monseigneur Frayssinous »
Père Daniel Zordan, Prêtre des Frères de Saint Vincent de Paul : « Alban de Villeneuve-Bargemont (1784-1850), initiateur du catholicisme social durant la Restauration »
Bernard Degout, Directeur adjoint de la Maison de Chateaubriand : « Victor Hugo sous la Restauration »
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2001
Ire séance de travail (3 novembre 2001)
« La politique des Beaux-Arts sous la Restauration »Jean-Paul Clément : Présentation de la Nouvelle Société des Études sur la Restauration & Introduction à la réunion de travail
Émeline Wirty : « L’organisation administrative et financière des Beaux-Arts sous la Restauration »
Marie-Pierre Chabanne, Docteur en Littérature du XIXe siècle : « Michel-Ange sous la Restauration »
Stéphane Guégan, Responsable des conférences et colloques au Musée d’Orsay : « Boutard, Girodet et la mémoire vendéenne »
Bruno Foucart, Directeur de la section Archéologie et Histoire de l’Art à l’Institut Michelet Paris IV : « La première restauration de la peinture religieuse ou le baptême des davidiens »
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